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Une Américaine d'origine asiatique publie tous ses e-mails de pervers reçus en dix ans

Capture d'écran du compte Instagram @perv_magnet.

Capture d'écran du compte Instagram @perv_magnet.

Elle dénonce les clichés persistants des hommes pris de «fièvre jaune».

Aux États-Unis, il y a une expression particulière pour décrire les hommes obsédés par les femmes d'origine asiatique: on dit qu'ils ont la «fièvre jaune». Le dictionnaire d'argot Urban Dictionary explique qu'il s'agit d'un «terme habituellement utilisé pour décrire les hommes blancs qui ont une préférence sexuelle marquée pour les femmes d'origine asiatique».

Mais il ne s'agit pas d'une préférence anodine, comme a pu le remarquer Mia Matsumiya, une violoniste américaine d'origine japonaise qui vient de publier dix ans d'emails obscènes et violents sur le compte Instagram @perv_magnet, ou «aimant à pervers», rapporte le Washington Post.

«Être une musicienne asiatique-américaine d'1 mètre 44, c'est vraiment un cauchemar en termes de harcèlement, expliquait-elle au Huffington Post. Ça déclenche une quantité incroyable de comportements prédateurs inadmissibles.»

Fantasme de viol

La plupart des messages qu'elle a reçu sont obscènes et beaucoup contiennent des fantasmes de viol et des menaces. Matsumiya aborde certaines de ces déclarations avec humour, mais elle s'est déjà retrouvée dans des situations inquiétantes, notamment lorsqu'elle a découvert qu'un de ses «admirateurs» avait déjà été arrêté pour avoir suivi et harcelé des femmes asiatiques. Sur son disque dur, la police avait retrouvé des photos de Matsumiya, ainsi que des centaines de pages de texte évoquant son viol.

La jeune musicienne a commencé à recevoir ce genre de messages quand elle s'est mise à bloguer sur sa carrière musicale en 2003. Maintenant qu'elle a publié tous les commentaires sur Instagram, de nombreuses femmes lui ont écrit pour raconter des expériences similaires.

Le stéréotype de la femme docile

Depuis plusieurs années, en effet, des femmes d'origine asiatique racontent dans les médias comment elles sont objectifiées et réduites à un stéréotype exotique. Une des particularités de ce fétiche est qu'il repose sur une certaine image de la femme asiatique comme docile, passive et obéissante, à l'opposée d'occidentales plus féministes. 

Sur le site Crates and Ribbons, une blogueuse expliquait le problème dans un article intitulé «Je ne suis pas ta belle petite fleur de lotus»:

«Quand les hommes qui ont la fièvre jaune me parlent, ils ne me parlent pas vraiment, ils parlent à leur idée de la femme asiatique, leur fantasme incarné. Ils parlent à toutes les femmes asiatiques vues dans les médias, à toutes les actrices asiatiques de porno sur leur ordinateur. J'essaye de mettre en valeur ma personnalité, mais elle est rendue invisible et obscurcie par les stéréotypes raciaux.»

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