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Quand des hackers transforment la vie d'une famille en cauchemar

Julius Kivimaki, le hacker à l'origine du harcèlement contre la famille Strater |  Capture d’écran d’une vidéo Sky News

Julius Kivimaki, le hacker à l'origine du harcèlement contre la famille Strater | Capture d’écran d’une vidéo Sky News

Trois années durant, la famille Strater a été harcelée par un groupe de hackers anonymes qui a transformé son quotidien en un véritable calvaire.

Tout a commencé avec des pizzas, livrées quotidiennement sur le pas de leur porte, alors qu'Amy et Paul Strater n'avaient pourtant rien commandé. Un harcèlement anonyme et quotidien qui, au fil des mois et des semaines, s'est montré de plus en plus agressif: leurs boîtes mails ont été hackées et des alertes à la bombe ont été déclenchées en leur nom. 

En trois ans, la famille Starter a tout perdu, ou presque. «Ils ont perdu leur boulot, leurs amis. Ils ont développé une forme d'anxiété chronique et souffrent d'autres problèmes psychologiques. Plus d'une fois, ils décrivent leur vie comme “ruinée” par leur mystérieux bourreau», raconte le magazine Fusion, qui consacre un article aux nombreuses mésaventures de cette famille.

Le point de départ de cette histoire, c'est un différend entre leur fils, Blair Strater, et un autre hacker résidant en Finlande, Julius Kivimaki. Sur un réseau de discussion en ligne où les deux jeunes ont pris l'habitude de dialoguer, ils s'écharpent à propos de l'accueil d'un nouveau hacker sur leurs serveurs respectifs. «C'était un incident mineur, le genre de dispute qui arrive tous les jours sur ces réseaux de discussion», explique Fusion. Sauf que cette fois, Julius Kivimaki –qui dit appartenir au groupe de hackers «Lizard Squad»– n'a pas l'intention de céder et décide de s'acharner sur Blair Strater.

Pizzas, sable et livraisons surprises

Pendant trois ans, des pizzas, donc, mais aussi des grandes quantités de gravier ou de sable, des fleurs et des objets en tout genre sont livrés au domicile de la famille Strater, dans la petite ville de Oswego, dans l'Illinois. Parfois, le canular va plus loin: des abonnements de la famille sont résiliés contre leur gré, tout comme des contrats qui leur assuraient l'arrivée de gaz et d'électricité.

Pour illustrer le harcèlement dont ils ont été victimes, la famille Strater ne manque pas d'exemples. Comme ce 24 octobre 2013 où, en pleine nuit, la police s'est ruée à son domicile après le coup de fil d'un anonyme qui se faisait passer pour Blair, le fils, et qui affirmait avoir tué sa mère. 

Cet harcèlement systématique a bouleversé la vie de la famille Strater. Amy et Paul ont divorcé, ils ont perdu leur travail et ont perdu tout contact avec leur entourage. «Nos voisons nous ont complètement ostracisés, dit Amy. Ils ne nous parlent pas parce qu'ils ne savent pas ce qu'il se passe.» 

Une vie bouleversée

Pendant plusieurs mois, Amy Strater a dû abandonner sa recherche d'emploi car la première page de résultats associée à son nom sur Google laissait apparaître son profil LinkedIn et son compte Twitter, tous deux piratés et remplis de messages racistes et antisémites par les hackers. Aujourd'hui, elle se dit dévastée:

«Je me sens livrée à moi-même. Je ne peux pas retrouver de travail, mon mariage a été brisé. Il n'y a pas un jour qui passe sans que je me demande s'il ne serait pas plus simple de mettre fin à mes jours. Je n'ai plus rien.»

En juillet dernier, Julius Kivimaki a été arrêté et condamné avec sursis par la justice finlandaise à deux années de prison pour les 50.700 actes cybercriminels dont il est tenu pour responsable. Interrogé sur le harcèlement subi par la famille Strater, le jeune hacker finlandais a minimisé son rôle et n'a exprimé que peu de regrets. 

Si la famille s'est montée déçue par cette sanction, elle préfère désormais penser à la suite. Un avenir qu'elle espère dépourvu de livraisons surprises et de piratages de comptes Facebook, LinkedIn ou Twitter.

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