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La Grande-Bretagne a réduit le taux de TVA sur les protections hygiéniques... il y a quinze ans

Temps de lecture : 2 min

En 2000, la TVA est passée outre-Manche de 17,5% à 5,5% pour les serviettes et tampons. En France, les protections hygiéniques restent autant taxées que les produits de luxe.

 blOOdy heLL |_njaminjami via Flickr License by
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Il n’y aura pas de taux de TVA réduit sur les tampons: ainsi en ont décidé les députés français, dans la nuit du 14 au 15 octobre, qui ont refusé de faire passer ce taux de 20% à 5,5%, comme d'autres produits de première nécessité tels que l'eau, les denrées alimentaires ou les préservatifs. Pour justifier ce refus, Christian Eckert, secrétaire d’État au budget, a défendu l’idée que les protections hygiéniques étaient aux femmes ce que la mousse à raser est aux hommes (voir vidéo ci-dessous).

Pourtant, dans le monde, d’autres pays ont adopté la «taxe tampon», comme la nomme le collectif féministe Georgette Sand, à l’origine de cette demande et d’une pétition signée par près de 23.000 personnes. C’est le cas du Royaume-Uni, et ce, depuis plus de quinze ans, comme le raconte le site Les Terriennes. Le taux, qui était à l’époque de 17,5% pour les tampons et serviettes, est passé à 5,5% en 2000.

La coupe menstruelle, dix à vingt fois moins chère

Les féministes en Grande-Bretagne sont même passées aujourd’hui à l’étape suivante: faire baisser la TVA en dessous de 5,5%, au motif que ce taux est le même pour les produits de luxe, et que les tampons ne sont pas des produits de luxe, raconte The Independent. En France, les produits de luxe sont taxés à 20%: les produits d’hygiène féminine sont donc au même tarif.

Selon les Georgette Sand, les produits d’hygiène féminine couteraient 1.500 euros dans la vie d’une femme, ou 36 euros par an. En attendant, pour les femmes qui souhaitent faire des économies,= et, accessoirement, un geste pour la planète (une femme jette en moyenne à la poubelle, et dans sa vie, entre 100 et 150 kg de serviettes, tampons et applicateurs), il existe la coupe menstruelle, «utilisable pendant au moins dix ans, pour un prix d'achat unitaire de 15 à 30 euros», comme le fait remarquer Marie Donzel sur son blog Ladies & gentlemen. Soit dix à vingt fois moins chère que les produits jetables (même si tout autant taxée).

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