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Les Saoudiennes peuvent se présenter aux élections mais sans parler aux électeurs

Une Saoudienne un iPhone à la main au 27e festival de la Janadriyah, à Riyadh, le 13 février 2012 | REUTERS/Fahad Shadeed/Files

Une Saoudienne un iPhone à la main au 27e festival de la Janadriyah, à Riyadh, le 13 février 2012 | REUTERS/Fahad Shadeed/Files

En Arabie saoudite, les femmes sont pour la première fois autorisées à voter et se présenter aux municipales mais il leur est interdit de s’adresser aux électeurs hommes.

Pour la première fois en Arabie saoudite, les femmes sont autorisées à voter et à se présenter aux élections municipales de décembre 2015. Mais il y a un bémol de taille: les 366 femmes qui se sont inscrites pour faire campagne n'auront pas le droit de parler aux électeurs masculins, conformément à la ségrégation entre les sexes de rigueur dans le royaume. 

Le site Arab News rapporte que les candidates devront désigner des agents pour parler aux électeurs hommes à leur place. Quant aux QG de campagne, ils devront avoir des sections séparées pour hommes et femmes. Les entorses à la ségrégation seront sanctionnées par des amendes d’environ 2.350 euros.

Au pays où les femmes sont photoshoppées hors du catalogue Ikea, les candidates ne pourront pas non plus distribuer de tracts électoraux avec leur photo. 

Les sièges aux conseils municipaux pour lesquels les femmes ont l'autorisation de faire campagne ne sont pas des postes à haute responsabilité. Les prérogatives incluent le vote des budgets, ainsi que des suggestions sur les règles d'urbanisme et les projets de développement locaux.

«Candidates fantômes»

Sur le site Saudi Gazette, l'éditorialiste Khalaf Al-Harbi expliquait que les femmes seraient en quelque sorte des «candidates fantômes», qui ont techniquement le droit de se présenter, mais pas celui de s'exprimer:

«Les femmes peuvent nommer des hommes pour parler aux électeurs à leur place. Ces représentants iront voir les électeurs et leur diront: notre candidate vous dit bonjour et elle promet de faire ceci et cela pour la ville, écrit-il. Vous avez vu comme c'est simple? Nous avons réussi à faire participer les femmes aux municipales tout en leur interdisant de parler. Nous soutenons la présence des femmes mais, en fait, elles sont absentes.»

Al-Harbi explique aussi tous les problèmes à venir, dans un pays où les femmes ne peuvent pas conduire ou sortir sans être accompagnées par un homme. Si les femmes sont élues, elles ne pourront donc pas assister aux réunions, car des hommes y sont présents, et ne pouront pas vraiment interagir avec la municipalité, qui est dirigée par des hommes. Il imagine des élues participant aux conversations via textos ou emails: «Elle devra participer aux discussions depuis la maison alors qu'elle prépare à manger pour son mari et ses enfants.»

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