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Près de New York, un ancien hameau nazi interdit aux non-blancs

Camp Siegfried, à Yaphank, sur l’île de Long Island, dans l’État de New York | Doug Kerr via Flickr CC License by

Camp Siegfried, à Yaphank, sur l’île de Long Island, dans l’État de New York | Doug Kerr via Flickr CC License by

Dans les années 1930, à Yaphank, les propriétaires ont établi un contrat selon lequel tout nouveau propriétaire devait être «d’origine allemande».

Dans les années 1930, le village de Yaphank, à Long Island, à une centaine de kilomètres de New York, était un repaire de sympathisants nazis. Chaque été, des centaines d’admirateurs de Hitler se réunissaient au «Camp Siegfried», une sorte de colonie de vacances et camp d’entraînement pro-nazi. Certaines rues avaient même été renommées à la gloire de Hitler et Goebbels. Le but de ces rassemblements, avec défilés en uniformes et croix gammées, était d’importer les idées raciales hitlériennes aux États-Unis.

Aujourd’hui, la quarantaine de familles qui vivent dans cette communauté semi-privée ne sont plus des enthousiastes du Troisième Reich, mais un détail troublant demeure. Dans les années 1930, les propriétaires du terrain avaient établi un contrat selon lequel tout propriétaire devait être «d’origine allemande». Ces règles subsistent jusqu’à aujourd’hui, et une famille vient de faire un procès pour les remettre en question, rapporte le New York Times.

Discrimination immobilière

Philip et Patricia Kneer, qui sont à l’origine de l’action légale, voulaient vendre leur maison mais se sont retrouvés confrontés aux régulations de la communauté: il leur était interdit de mettre leur maison en vente sur le marché immobilier normal, seuls les membres de la ligue américano-allemande (la German American Settlement League) pouvaient être au courant.

Robert Kessler, le président de la ligue, expliquait au New York Times que plusieurs tentatives de faire changer les règles avaient échoué car les membres de la communauté avaient voté contre.

Jusqu’à présent, tous les propriétaires étaient blancs, et les Kneer expliquent que le petit ami noir d’une des voisines n’a pas été bien accueilli par les locaux. Certains résidents pensent que, au-delà du débat sur les discriminations, les Kneer font un procès juste parce qu’ils n’ont pas réussi à vendre leur maison au prix qu’ils voulaient.

Ces règles immobilières rappellent que ce n’est qu’en 1968 que la loi Fair Housing Act a officiellement interdit la discrimination raciale dans le logement et l’immobilier aux États-Unis. Avant cela, des zones entières pouvaient légalement être interdites aux non-blancs. Dans les cas de communautés semi-privées comme à Yaphank, les règles discriminatoires ont pu persister à travers les années.

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