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Culpabilité, solitude… Les plus riches ont besoin de soutien psychologique

Repéré par Aude Lorriaux, mis à jour le 20.10.2015 à 13 h 40

Repéré sur The Guardian, FT

En Angleterre, les consultations ciblées pour tenter d'apaiser les angoisses et pathologies des plus fortunés se multiplient.

Spoon en 2008. REUTERS/ Ina Fassbender

Spoon en 2008. REUTERS/ Ina Fassbender

«L’argent ne fait pas le bonheur» est un adage bien connu. Mais en avoir beaucoup causerait même des angoisses ou pathologies spécifiques aux intéressés, à tel point que des consultations psychologiques se sont développées, notamment depuis la crise économique de 2008, rapporte le Guardian.

Trois difficultés sont repérés par le quotidien britannique: la culpabilité des riches, l’obligation qu’ils ont de cacher leurs avoirs pour être estimés pour eux-mêmes, et le sentiment de solitude qui découle de cette situation, partagée par très peu de gens.

Avouer qu’on est riche, un vrai coming-out

«Il est bien plus facile de dire que l’on est fauché. Affirmer que l’on croule sous les lingots d’or, ce n’est pas socialement acceptable», explique Barbara Nusbaum, tandis qu’un autre spécialiste compare ces difficultés à révéler son statut social à celles du «coming out» vécu par les personnes homosexuelles ou trans’.

Et comme ils doivent cacher leur statut, les riches auraient alors tendance à s'isoler totalement, ou à ne s’entourer que d’autres personnes aussi fortunées, à même de les comprendre. D’autant que leurs congénères qui possèdent un coffre-fort aussi bien fourni ne peuvent, eux, être soupçonnés de ne s’intéresser qu’à leur argent. Car c'est un autre problème rencontré par les riches, selon le psychologue et ex-trader Clay Cockrell: ils ne peuvent jamais avoir confiance en personne.

Le patron de Cartier n’en dort plus

Jamie Traeger-Muney, psychologue et fondatrice du Wealth legacy group, dédié à la santé mentale et au bien-être des riches, se dit parfois choquée par des propos qu’elle lit sur ces nantis. «Substituez le mot riche par noir ou juif: jamais vous ne diriez alors de telles choses», raconte-t-elle au journal.

Paradoxalement, puisque les inégalités augmentent et montent en flèche, les difficultés psychologiques des riches ne sont pas prêtes de s’arrêter. Depuis 2009, la part de la richesse mondiale possédée par les 1% les plus riches est passée de 44 à 48%, et devrait dépasser 50% en 2016. Une situation qui faisait craindre le pire au patron du joaillier Cartier, Johann Rupert, qui avait affirmé en juin lors d’une conférence qu’il n’en dormait plus, craignant que les amateurs de luxe qui s’affichent avec des bijoux et des montres onéreuses deviennent des cibles potentielles pour les pauvres: «Les gens riches ne vont plus vouloir se montrer». Dur dur d’être un nabab.

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