Histoire

Quand Donald Trump prédisait le 11-Septembre avec un an d'avance

Temps de lecture : 2 min

Dans son livre, publié en 2000, «The America We deserve», il reprochait aux Américains de sous-estimer la menace d'une attaque terroriste sur leur territoire.

/
Donald Trump gage Skidmore via Flickr CC License by

«Marguerite Duras n’a pas écrit que des conneries. Elle en a aussi filmé», disait, charitable, Pierre Desproges à propos de l’écrivaine française. Si on ne sait pas à ce jour ce que Donald Trump ferait d'une caméra, on peut affirmer qu'il n'a pas publié que des idioties. Le site Buzzfeed relève ainsi que dans son livre The America We deserve, paru en 2000, le milliardaire qui hésitait déjà à concourir pour la fonction suprême alertait ses concitoyens quant à la menace terroriste planant sur les États-Unis, bien avant le 11 septembre 2001.

Dix-neuf mois avant l’impact des avions sur les tours du World Trade Center de New York, il écrivait ainsi:

«Je suis vraiment convaincu que nous sommes sous la menace d’une attaque terroriste d’une telle ampleur qu’elle fera passer l’explosion du Trade Center pour un enfantillage de gamins jouant avec des pétards.»

L’explosion à laquelle le richissime promoteur immobilier fait référence, est un attentat à la voiture piégée survenu dans les souterrains de la tour 1 du World Trade Center en 1993 ayant fait six morts.

La menace Oussama Ben Laden

Dans ce même livre, Trump évoque même Ben Laden et en fait le symbole d’une politique étrangère américaine navigant à vue:

«Un jour on nous dit qu’un obscur personnage, sans adresse fixe, du nom d’Oussama Ben Laden est l’ennemi public numéro un, et l’aviation américaine ravage son camp en Afghanistan. Il s’échappe en se cachant derrière un rocher et quelques cycles d’informations plus tard, c’est reparti avec un nouvel ennemi public et une nouvelle crise.»

Nos ados fantasment sur Cindy Crawford; de jeunes terroristes, eux, fantasment sur l’idée de réduire en cendres une ville américaine

Donald Trump, en 2000

Décidément lucide à cette période, il dénonce aussi la dérision de ses contemporains à l’égard de l’opposition du monde musulman et du «Grand Satan américain» par certains islamistes:

«Gardez à l’esprit que pour beaucoup de gens, il n’y a pas de plus grande destinée que de casser les dents au Grand Satan (...) Nos ados fantasment sur Cindy Crawford; de jeunes terroristes, eux, fantasment sur l’idée de réduire en cendres une ville américaine.»

Il incrimine alors les «aventures militaires» américaines pour cette montée du terrorisme.

Trump n'hésite pas à accuser Bush

Trump a recyclé ces théories le 16 octobre 2015 sur le plateau de Bloomberg TV en accusant l’ancien président George Bush de mériter d’être tenu responsable pour les attentats du 11-Septembre. La déclaration a suscité la colère de la droite mais le magazine The Atlantic prend la défense du pauvre milliardaire. L’article s’appuie sur les versions des évènements de l’ancien du directeur de la CIA, George Tenet, et du coordinateur de la sécurité nationale au sein du Conseil de la sécurité nationale et du contre-terrorisme en poste alors, Richard Clarke.

Dès janvier 2001, les deux hommes commencent à avertir la nouvelle administration de la détermination d’Al Qaïda à orchestrer une attaque sur le sol américain et préconisent diverses mesures pour se prémunir contre cette éventualité: des bombardements, le gel des ressources de réseaux islamistes, l’augmentation de l’aide à Massoud et ses hommes etc. Une litanie de recommandations restées lettres mortes devant la présidence américaine qui, déjà, pensait surtout à renverser Saddam Hussein en Irak.

Slate.fr

Newsletters

Le bidet (enfin) à la conquête des États-Unis

Le bidet (enfin) à la conquête des États-Unis

L'invention française longtemps délaissée outre-Atlantique est en bonne voie pour séduire les Américains.

L'élégance de «ballerine légère» que Jackie Kennedy doit à Hubert de Givenchy

L'élégance de «ballerine légère» que Jackie Kennedy doit à Hubert de Givenchy

Décédé le 10 mars à l’âge de 91 ans, le couturier français était sans conteste le préféré de la Première dame la plus emblématique des États-Unis.

L'histoire rocambolesque de l'acteur qui s'est fait passer pour un général durant la Seconde Guerre mondiale

L'histoire rocambolesque de l'acteur qui s'est fait passer pour un général durant la Seconde Guerre mondiale

Les services secrets britanniques ont brouillé les pistes en 1944 en utilisant l’acteur Clifton James, pour interpréter le rôle de sosie du général Montgomery.

Newsletters