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- Par Gilles Bridier
- Gilles Bridier est journaliste économique à Api.doc. Il est passé par les rédactions des Echos, de Libération, du Monde et de La Tribune.
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Gilles Bridier
Gilles Bridier est journaliste économique à Api.doc. Il est passé par les rédactions des Echos, de Libération, du Monde et de La Tribune.
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Les statistiques du chômage sont faussées
Après l'embellie artificielle de juin, les chiffres de l'emploi en août ont confirmé l'aggravation du chômage.
Peu avant son départ pour le G20 de Pittsburgh, Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, avait introduit un peu de réalisme dans le discours sur la reprise économique: «On ne peut pas parler de sortie de crise tant que le chômage continuera à progresser», avait-elle souligné devant l'Association des journalistes économiques et financiers (Ajef).
Car même si certains indicateurs de la planète financière virent au vert grâce aux efforts massifs de la sphère publique qui, selon le G20, doivent encore être poursuivis (c'est dire si la reprise est encore illusoire!), d'autres indicateurs du monde économique ne sortent pas du rouge. Comme par exemple les statistiques du chômage, qui recensent chaque mois les demandeurs d'emploi. Le nombre de chômeurs a encore augmenté de 0,7% en août; parler de sortie de crise serait une provocation. A Pittsburgh, les vingt chefs d'Etat les plus puissants de la planète s'en sont d'ailleurs bien gardés.
Trop joli mois de juin
Certes, on se souvient que les statistiques de juin sur le chômage en France avaient fait apparaître un léger recul de 0,7% du nombre de demandeurs d'emplois par rapport à mai. Mais il fallait aller un peu plus loin dans la statistique établie par la Dares (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques au ministère du Travail) et de Pôle Emploi (la structure qui regroupe désormais les Assédic et l'ANPE) pour voir que l'embellie sur le marché du travail n'était pas au rendez-vous.
D'abord, le recul de 0,7% ne concernait que les demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à -dire véritablement sans emploi. Mais en additionnant ceux des catégories B et C (n'ayant qu'une activité réduite, et à ce titre faisant souvent partie des «travailleurs pauvres» victimes de la crise), on déplorait alors une hausse de 0,3% des populations en demande d'emploi par rapport au mois précédent... et de 19% sur un an. Pas de quoi déceler des signes de reprise.
Artifice administratif
Ensuite, il fallait aller encore un peu plus loin dans la statistique pour découvrir que le nombre de «sorties» des fichiers des demandeurs d'emploi pour les catégories A, B et C, en hausse de 8,7% par rapport à mai, était gonflé par l'augmentation des cessations d'inscription pour défaut d'actualisation, en augmentation de 19,3% sur un mois.
Clairement, Pôle Emploi avait fait le ménage dans ses fichiers, ce qui expliquait cette tendance apparemment favorable. Rien à voir avec un retour de l'emploi sur le marché du travail. D'ailleurs globalement, les grands groupes mondialisés du CAC 40 qui se redressent un peu ne sont pas ceux qui créent de l'emploi en France. Et les PME, qui sont des viviers pour l'emploi, n'embaucheront pas tant qu'elles n'auront pas l'assurance que leur plan de charge le justifie, c'est à dire que la reprise sera durablement installée. On n'en est pas là .
Août a replongé dans la réalité
Le problème avec les nettoyages de fichiers, c'est qu'on ne peut réitérer l'opération tous les mois. Les statistiques d'août en font la démonstration. Le mois dernier, le nombre de cessations d'inscription par défaut d'actualisation n'a progressé que de 5,7% par rapport à juillet, revenant à un niveau plus conforme au flux habituel. Si l'on peut parler d'artifice dans la présentation des statistiques de juin, on se retrouve donc en août avec un nombre «d'entrées» à Pôle Emploi (nouveaux demandeurs d'emploi des catégories A, B, C) en hausse de 1,5%, et des «sorties» (tous motifs confondus) en augmentation de 1,4% seulement (six fois moins qu'en juin). «Au mois d'août 2009, le nombre d'entrées est supérieur à celui des sorties», notent sobrement la Dares et Pôle Emploi.
On ne peut parler ici de manipulation de chiffres, mais on peut s'interroger sur l'opportunité d'enregistrer massivement sur un mois des cessations d'inscription pour raisons administratives. Quoi qu'il en soit, une fois l'artifice consommé, la réalité reprend ses droits.
La méthode Coué et la reprise
Malheureusement, il n'est pas encore temps d'évoquer une quelconque sortie de crise sur le marché du travail: les rangs des sans-emploi ne cessent de grossir (en un an, 33% de chômeurs en plus pour les moins de 25 ans, 26% pour les plus de 50 ans, 24% pour les autres), pour un nombre global de chômeurs en progression de 34% pour les hommes et 17% pour les femmes. Et même si l'aggravation du chômage doit se ralentir, elle va se poursuivre pendant encore plusieurs mois - quel que soit le désir que l'on ait de prédire une inversion.
La croissance économique est affaire de psychologie. Toutefois, ce n'est pas par la méthode Coué que l'on pourra restaurer la confiance en l'avenir, moteur de toute reprise. D'autant plus qu'en la circonstance, l'illusion aura été fugace.
Gilles Bridier
Lire également: La reprise n'en est pas une et Une reprise lente et injuste.
Image de Une: Une affiche d'offres d'emplois Eric Gaillard / Reuters
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Comments
Embaucher pourquoi?
Les grandes entreprises ont nettoyer leurs effectifs pour réembaucher à l'étranger et particulièrement dans les pays émergents. Les Pme deviennent les seules sur le système social va reposer avec les nouveaux impots. Moins on embauche plus on monte les impots puisque l'Etat n'est pas capable d'adapterses dépenses à ses recettes. Donc celui qui embauche riiisque fort de payer le prix fort sans contrepartie.
Peter jones
Nombre de chomeurs mais plus de pourcentage
On voit partout que le chômage a progressé de tant de pour cent ce mois-ci ou le nombre de chômeurs de tel autre pour cent depuis l'année dernière. Il est assez étrange de ne plus lire, entendre ou voir ici ou ailleurs le pourcentage de chômeurs par rapport au nombre de personnes de la population active.
eh oui les chiffres sont
eh oui les chiffres sont faussés et c'est pas nouveau, sur ce site ils le dénoncent depuis des années http://www.chomiste-land.com/lesvraischiffreschomage.htm