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Les journalistes syriens désarmés face au stress post-traumatique

Des civils et des journalistes inspectent les dégâts après un bombardement dans la vieille ville d'Alep, le 27 août 2012. REUTERS/Zain Karam

Des civils et des journalistes inspectent les dégâts après un bombardement dans la vieille ville d'Alep, le 27 août 2012. REUTERS/Zain Karam

Ces derniers sont particulièrement exposés à ces troubles, mais les structures pour lesquels ils travaillent ne prennent pas toujours en charge les soins médicaux.

En mai, Hosam Qattan, 22 ans, s'est réveillé dans un hôpital en Turquie après avoir été blessé à l'estomac par un sniper du régime à Alep«J'étais insomniaque... perdu... effrayé du futur... impotent», raconte ce journaliste citoyen, au site internet Good Morning Syria.

Milad Shahabi, 25 ans, a lui été arrêté par l'organisation État islamique en décembre 2013. Il a passé dix-sept jours en prison, principalement en isolement. 

«Les coups, l'humiliation et les sons de la torture que j'entendais en prison m'ont laissé profondément choqué. [...] Lorsque j'ai été libéré, j'ai quitté la Syrie pendant un mois et demi. Quand je suis revenu, mes amis armés m'ont accompagné et m'ont protégé à cause de ma peur d'être arrêté par des groupes extrémistes à n'importe quel moment.»

Aujourd'hui, Hosam Qattan et Milad Shahabi se battent toujours contre leurs peurs et leurs cauchemars. Ils souffrent de stress post-traumatique (PTSD). Ces troubles résultent d'une exposition à des évenements douloureux, comme la violence physique, ou d'une confrontation de la personne avec la mort. Les conséquences sont psychologiques (anxiété, insomnies...) ou physiques (troubles de la mémoire, difficultés à respirer...). C'est bien souvent lorsque l'on quitte le quotidien de violence permanente que le choc est le plus rude. 

Voir et revoir les images

Les journalistes citoyens sont particulièrement exposés à ces traumatismes. «Ils n'ont pas assez de temps pour comprendre ce qui leur arrive au niveau psychologique car ils sont du même pays où ils travaillent», explique la psychologue Ayah Muhanna, citée par Good morning Syria. Ces journalistes voient la scène de violence qu'ils documentent. Ils doivent ensuite éditer leur travail, éventuellement le monter quand il s'agit d'une vidéo: ils voient et revoient leurs images.

Or, il arrive que les institutions pour lesquels ils travaillent les abandonnent lorsqu'ils sont blessés ou arrêtés par les groupes extrémistes ou lorsqu'ils ont besoin de soins. «Il n'y a aucun intérêt porté aux programmes de soutien au stress post-traumatique pour les journalistes citoyens», explique l'auteur de l'article. Ils doivent donc parfois prendre en charge seuls les frais de traitement. Malgré cela, Hosam Qattan et Milad Shahabi espèrent pouvoir continuer à faire leur travail sur le terrain.

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