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Les étudiants anglais ont-ils besoin de cours sur le consentement sexuel?

Capture d'écran de la publication de George Lawler sur le Tab.

Capture d'écran de la publication de George Lawler sur le Tab.

La réaction outrée d'un étudiant invité à une de ces formations fait débat en Grande-Bretagne.

George Lawlor, un étudiant à l'université de Warwick en Angleterre, n'a pas du tout apprécié d'avoir reçu une invitation à un cours sur le consentement sexuel la semaine dernière. Dans le journal de la fac, il a écrit que le simple fait d'avoir été invité à cet événement était extrêmement insultant.

«Cela implique que je ne comprends pas vraiment ce qu'est le consentement, et je trouve ça incroyablement blessant, explique Lawlor, qui est membre de l'association des conservateurs de son université. Je n'ai pas besoin qu'on m'apprenne à ne pas être un violeur.» 

Il a accompagné son article d'une photo de lui tenant une pancarte avec les mots: «Un violeur ne ressemble pas à ça.»


Le mythe du violeur inconnu

Sa réponse a fait le tour des médias anglais et suscité de nombreuses critiques. Pour Josie Throup, une des organisatrices de la formation, un des messages importants à faire passer est justement que n'importe qui peut être un violeur:

«Un violeur ressemble à quelqu'un qui est en cours avec toi, quelqu'un avec qui tu travailles, un ami, un voisin, quelqu'un avec qui tu sors, explique-t-elle à la BBC. Suggérer qu'un violeur ne ressemble pas à un homme ou une femme ordinaire –c'est perpétuer le mythe que les violeurs sont des inconnus qui rôdent dans les rues sombres.»

George Lawlor a depuis admis que le message de sa pancarte était un «faux pas», mais se dit satisfait d'avoir lancé un débat sur le sujet.

Son article pose en effet au moins une question valide: ces formations sont-elles utiles? 

«Les seules personnes qui viendront au cours sont des gens qui (surprise surprise) savent déjà quand c'est acceptable de baiser quelqu'un, écrit Lawlor. Ce sera juste une réunion de gens qui disent des choses évidentes et sont tous d'accord, et pensent qu'ils ont sauvé le monde.»

Des formations utiles?

Dans le Telegraph, une journaliste très critique du message de George Lawlor («même les gentils étudiants bien éduqués peuvent être des violeurs») est malgré tout d'accord avec lui quant à la potentielle inutilité de ces leçons de consentement, qui selon elle, devraient être enseignées bien plus tôt.

«Les gens qui vont venir à la formation seront déjà conscients de l'importance du consentement. Et ceux qui en ont le plus besoin ne viendront pas», écrit-elle.

L'introduction de ce type de formation est assez récente en Grande-Bretagne, où des leçons obligatoires d'environ trente minutes ont été mises en place l'année dernière à Cambridge et à Oxford.

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