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Donald Trump «n'abandonne jamais»... mais renonce souvent

Donald Trump en février 2011 | Gage Skidmore via Flickr CC License by

Donald Trump en février 2011 | Gage Skidmore via Flickr CC License by

La carrière du milliardaire est jalonnée d'échecs et de promesses sans lendemain. De mauvaise augure pour ses ambitions politiques?

À l’affût des moindres soubresauts de la campagne de Donald Trump pour sa nomination comme candidat du Parti républicain à la présidentielle de 2016, les médias américains avaient cru percevoir un essoufflement, voire un fléchissement. Il n’en est rien apparemment car Trump a aussi tenu à déclarer: «Je n’abandonne jamais.»

Jamais, vraiment? Ce n’est pas tout à fait le cas, rappelle Politico, qui s’est intéressé à ces moments de la carrière du magnat de l’immobilier où celui-ci s’est retiré de projets en cours de route tout en s’efforçant de conserver une image d’invincibilité sur les marchés. Le site américain lui reconnaît une faculté: celle de sentir le moment où le risque économique prend le pas sur la perspective de profits... et de renoncer avant d’être emporté.

Car s’il y a une chose qui rend le grand patron suspicieux, c’est le risque et, parfois, l’investissement financier. La preuve, pour le moment, Trump n’a versé que 100.000 dollars de ses fonds personnels dans sa campagne, préférant tout miser sur sa célébrité, qui lui permet jusqu’ici de montrer sa tête sur tous les écrans télé et d’attirer des foules monstres à ses meetings. Mais, à mesure que le calendrier politique avance, Trump va devoir y mettre davantage du sien. Ce qu’il n’a pas toujours fait dans sa vie de business-man.

Scepticisme

En 2004, Trump était censé revivifier la petite ville de French Lick, dans l’Indiana, en construisant un casino. Problème: l’état des finances de sa compagnie apparaît bientôt peu reluisant et Trump enterre son idée de construire l’établissement de jeu. Pour ne pas perdre la face, le milliardaire avait annoncé son renoncement avant qu’une commission ne retoque le projet. Deux ans plus tard, Trump sort les trompettes pour signifier qu’il s’apprête à lancer 200 millions de dollars dans la mise sur pied du Trump Ocean Resort Baja, un palace mexicain destiné à «repousser les limites du luxe». L’explosion de la bulle autour de l’immobilier en décide autrement et personne ne verra arriver les billets verts de l’homme qui n’abandonne jamais.

Trump n’a pas fait plus de sentiment avec son bébé télévisuel, The Apprentice. En 2007, les audiences de cette émission battent de l’aile et l’homme d’affaires sent le vent tourner. Il se dépêche de s’écarter du projet avec un bravache et caricatural «Vous ne pouvez pas me virer, c’est moi qui démissionne!».

Politico n’est pas seul à douter que Trump aille au bout de ses ambitions politiques. Business Insider relaie ainsi le scepticisme de Mitt Romney, adversaire républicain malheureux de Barack Obama en 2012. Pour l’ancien candidat, les sorties du richissime trublion sur les femmes et les Mexicains notamment oblitèrent les chances de le voir surmonter l’épreuve de la primaire.

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