Santé

Et si les schizophrènes devaient prendre moins de médicaments?

Temps de lecture : 2 min

Des chercheurs australiens ont développé de nouveaux moyens de prendre en charge précocement les malades.

Une œuvre d'art brut réaliséepar une personne atteinte de schizophrénie paranoïde | Thomas.ZAPATA via Wikimedia Commons License by

La schizophrénie touche environ 1% de la population mondiale, soit approximativement 60 millions de personnes à travers le monde. Pour la communauté médicale, cette maladie est un grand défi de par sa complexité et son absence d’un traitement efficace pour tous. Le Huffington Post rapporte les chiffres inquiétants de la schizophrénie outre-Atlantique: près de la moitié des schizophrènes finissent dans des instituts spécialisés, 6% terminent leur parcours en prison et autant dans les rues. Enfin, ils meurent douze ans plus tôt que la moyenne. Pourtant, le site d’information américain révèle qu’une nouvelle méthode pourrait permettre de révolutionner le quotidien des malades... notamment en diminuant les prescriptions médicamenteuses qui leur sont faites.

Des chercheurs australiens ont ainsi découvert que, chez les patients atteints de la maladie, certaines zones du cerveau, comme le cortex préfrontal, qui contrôle la prise de décision, étaient plus grandes que la normale. Impossible néanmoins de savoir pour eux si c’est la maladie qui est responsable de ce phénomène ou alors l’impressionnante quantité de médicaments pris par les malades. Après plusieurs analyses, ils se sont rendu compte que les schizophrènes récemment diagnostiqués étaient bien moins touchés par ces agrandissements de zone du cerveau. Les médicaments –censés atténuer les symptômes psychotiques– seraient alors responsables du phénomène.

La solution est donc simple pour les médecins: une prise en charge dès les premiers symptômes avec une forte réduction de la quantité de médicaments prescrits. Les malades «prenaient dix fois plus de médicaments que ce dont ils avaient besoin. Peut-être que les médicaments antipsychotiques contrôlaient certaines des pensées irrégulières, mais leurs vies étaient en ruine», commente le psychiatre australien Patrick McGorry, un des premiers à avoir expérimenté cette pratique. Cette méthode baptisée «intervention précoce» a montré que les patients pris en charge passaient moins de temps à l’hôpital, obtenaient de meilleurs résultats lors de tests et entretenaient même de meilleures relations avec leurs familles et leurs amis.

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