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Qui dirige le soulèvement palestinien?

Temps de lecture : 2 min

Depuis deux semaines, aucun leadership ne semble émerger du mouvement car les Palestiniens sont divisés sur la nécessité même de sa création.

Des Palestiniennes lors de heurts avec les troupes israéliennes devant la colonie de Bet El, près de Ramallah, le 10 octobre 2015 | REUTERS/Mohamad Torokman
Des Palestiniennes lors de heurts avec les troupes israéliennes devant la colonie de Bet El, près de Ramallah, le 10 octobre 2015 | REUTERS/Mohamad Torokman

Ils ont entre 16 et 25 ans. Sont nés après les accords d’Oslo. Ils ont grandi dans le mensonge et la dépossession de leurs terres. Aujourd’hui, la «génération Oslo» se soulève. Mais aucun leadership ne se dégage pour définir les objectifs politiques de ce mouvement.

Chez les politiques, le soutien au soulèvement divise. Ismaël Haniyeh, dirigeant politique du Hamas dans la bande de Gaza, s’est prononcé le 9 octobre en faveur des soulèvements. Mahmoud Abbas, dirigeant de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, demeure lui foncièrement contre toute nouvelle intifada. Sous couvert d’anonymat, un cadre du Hamas précise cependant à Al Monitor:

«Le président Abbas fait face à des appels au sein de la direction du Fatah pour qu’il soutienne le mouvement populaire palestinien et qu’il permette aux dirigeants de participer aux funérailles des martyrs.»

Soulèvement spontané

Du côté des manifestants, «il y a un désaccord dans le fait même de savoir si un dirigeant est nécessaire», explique Adnan Abu Amer, doyen de la faculté des Arts à Al Ummah university, auteur de l’article.

À la différence de la Seconde intifada, orchestrée par des groupes armés, le soulèvement actuel est spontané, rappelle le New York Times. Il est mené par des jeunes dont l’«inspiration semble venir de leurs smartphones omniprésents qui leur fournissent un flot ininterrompu de vidéos».

La plupart d’entre eux n’appartiennent pas à des partis politiques, et «convenir d’un programme national commun nécessite de longues, profondes discussions», explique Abdul Alim Dana, dirigeant du Front populaire de libération de la Palestine, à Al Monitor.

Alors que le mouvement s’est désormais étendu à la bande de Gaza, certains appellent à la création d’un leadership. D’autres souhaitent conserver son côté spontané pour éviter une division du mouvement sur des questions politiques et empêcher qu’il soit phagocyté par des dirigeants qui n’ont pas brillé par leur clairvoyance et leurs décisions politiques ces dernières années.

Mais, sans coordination et sans objectifs clairs, ce mouvement risque de s’asphyxier.

Slate.fr

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