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Réelle ou supposée, l'autogestion a la vie dure dans le sport français

Le Français Mathieu Bastareaud au milieu des joueurs canadiens, le 1er octobre 2015. REUTERS/Eddie Keogh.

Le Français Mathieu Bastareaud au milieu des joueurs canadiens, le 1er octobre 2015. REUTERS/Eddie Keogh.

Selon L'Obs, Philippe Saint-André, le sélectionneur du XV de France, se serait mis en retrait avant le match contre la Nouvelle-Zélande, ce samedi 17 octobre. L'ancien entraîneur de Sale et de Toulon aurait laissé les joueurs mettre en place une sorte d'autogestion à quelques jours du match le plus important depuis sa prise de poste, en août 2011:

«Une désertion? Ou bien une mise à pied du coach et de son entourage par les joueurs eux-mêmes? Difficile de trancher.»

La nouvelle –évidemment non confirmée– a déjà fait le tour des médias français et étrangers.

Si cette information est vraie –ce dont certains autres médias, dont Metro, doutent et ce que les joueurs ont logiquement réfuté– elle viendrait ajouter le XV de France 2015 à la déjà longue liste des sélections françaises qui avaient ou auraient décidé de passer en autogestion à quelques jours d'une grosse échéance.

Sports.fr rappelle ainsi que des cas similaires s'étaient déjà produits au sein du XV tricolore lors des Coupes du monde 1999 et 2007.

«On a tout dit, tout écrit sur ses passages, réels ou fantasmés, de plusieurs générations de Tricolores en autogestion, qui seraient à la base des exploits face aux All Blacks en 1999 et en 2007. Une prise de distance qui semble être un incontournable de ses pages d’histoire de l’équipe de France.»

On en avait également parlé en 2011, lors de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, dont la France avait fini finaliste. Marc Lièvrement, le sélectionneur, s'était expliqué à ce sujet quelques jours après la finale perdue:

«On a aussi parlé d'autogestion des joueurs mais, à mon sens, c'est de la responsabilisation. J'ai toujours cherché à ce qu'ils se prennent en main et ça s'est réalisé lors des trois dernières semaines de compétition. Je me suis mis volontairement en retrait, mais ni sur le terrain ni dans les contenus.»

Cette autogestion supposée avait également réussi aux footballeurs de l'équipe de France. En 2006, comme le rappelait Grégory Schneider de Libération, Zidane et d'autres joueurs avaient pris la tête de l'équipe de France, même si, comme l'indique Metro, Raymond Domenech l'a toujours nié.

Mais, cela ne s'est pas toujours bien fini. Dans le même article, le journaliste de Libération rappelait que «ça a ensuite continué jusqu'en 2008, où la fédération avait jugé bon de laisser continuer des joueurs au bout du rouleau, mais à l'importance historique immense: Willy Sagnol, Lilian Thuram, Patrick Vieira». La France avait alors fini à la dernière place du groupe C, derrière les Pays-Bas, l'Italie et la Roumanie, avec un petit point en trois matchs.

Pire encore en 2010, où l'autogestion avait laissé place à la mutinerie. Comme le racontait alors Grégory Schneider, Raymond Domenech avait «perdu tout pouvoir à la mi-temps de France-Mexique», au moment où Nicolas Anelka avait eu une algarade avec lui. La suite, on la connaît: une à scandale de L'Équipe, exclusion de l'attaquant français, grève et sortie piteuse au premier tour après un nul et deux défaites.

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