Remplacer le G8 par le G20 est une défaite pour l'Europe, par Jacques Attali
Cette instance devient de fait un tête à tête entre les Etats-Unis et la Chine.
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Parmi les résultats imaginaires du G20 de Pittsburgh, il y a l'idée que le G8, réunion de riches, est enfin remplacée par un sommet plus légitime, parce que représentant l'essentiel de la production et de la population de la planète.
De fait, depuis des années, le G7 n'était plus que l'antichambre du G8, lui-même antichambre du G20; car les réunions au sommet des pays industrialisées étaient devenues l'occasion de rencontres pittoresques et vides de sens de mille et un chefs d'Etat et présidents d'institutions internationales.
De fait, le G20 , tel qu'il vient de s'installer est une institution très problématique: les chefs d'Etat y sont 27; l'ordre du jour y est impossible à établir et les discussions y sont impossibles à tenir dans un laps de temps aussi courts ; les points de vue sont si différents qu'aucun consensus ne peut émerger; de plus, dans cette réunion, l'Afrique sub-saharienne n'est pas représentée et l'Europe est formidablement affaiblie, par rapport à son poids au G7 et au G8.
Si on y prend les décisions importantes sur l'usage de l'aide au développement, sur la réforme des institutions internationales, le poids conjugué des Etats-Unis et de la Chine, conduira à chaque fois , comme on l'a vu à Londres (qui a exclu leurs paradis fiscaux de la liste) et à Pittsburgh (qui a pris à la seule Europe les quotas au FMI (Fonds monétaire international) nécessaires à l'Inde et à la Chine) à des décisions contraires aux intérêts de l'Europe
De plus, le G20 est une nouvelle instance informelle, alors qu'il existe une instance voisine formelle, celle du comité intérimaire du FMI, qui réunit 24 membres, et qui pourrait constituer naturellement la réalité de l'embryon d'une Organisation Mondiale de la Finance.
En fait, le G7, et le G8 conservent leurs utilités, au moins pour préparer la réunion du G20, pour harmoniser la position des pays développés, c'est-à-dire ceux qui ont quelque chose à abandonner, avant de rencontrer ceux du Sud, qui ont, eux, quelque chose à recevoir. Et s'opposer à cette réunion, à cette concertation des pays donateurs, conduirait aussi à refuser la concertation des Européens avant ces réunions, ce qui serait absurde.
De plus, la mise en œuvre des soit disant décisions prises sur les banques à Pittsburgh n'ont de sens qu'entre pays du G7, qui sont les seuls concernés par la finance spéculative; et qui doivent, entre eux, définir les conditions de mise en œuvre de cette harmonisation des règles comptables de leurs banques, et des règles de rémunérations de leurs traders. Si on ne le fait pas, ces règles ne seront jamais appliquées, pour le plus grand bénéfice des Américains et des Chinois.
L'équation est simple: le G20 est un G2 (Etats-Unis et Chine). Et ce n'est pas notre intérêt.
L'accepter, c'est accepter la dictature de l'image. C'est, pour le simple bénéfice rassurant d'une photo planétaire, permettre aux Américains de ne pas tenir leurs promesses, dans la connivence avec les Chinois, l'un ayant besoin de l'autre beaucoup plus que les deux ont besoin de l'Europe.
Il est urgent de dire non à cette manœuvre; ou au moins, puisque cela vient d'etre accepté, d'en tirer la leçon en proposant aux Chinois une réunion régulière entre l'Union Européenne et eux, juste avant le prochain G20; une réunion bien préparée. Il suffirait qu'on propose un tel «G2 bis» pour voir la colère que cela entrainera chez les Américains. Et comme souvent, quand les dirigeants américains sont en colère contre les Européens, c'est que ces derniers, pour une fois, défendent leurs intérêts.
Jacques Attali
Image de Une: Les dirigeants du G20 de Pittsburgh après la photo de famille Jim Bourg / Reuters
Mis à jour le 28/09/2009 à 9h11











































Monsieur Attali a probablement raison, c'est le sens de l'histoire.
Le N°1 de HSBC, quitte Londres pour mettre son bureau à Honk Kong, pas de commentaires, le centre de gravité à changer de place. Il est probable qu'ensuite d'autres sièges sociaux suivront.
Trop de morale dans les discours europeens qui cache leur faiblesse. Cela ne trompe pas l'observateur aguerri.
Sauf erreur de ma part, HSBC (Hong Kong and Shanghaï Banking Corporation) a été fondée à Hong Kong par l'Écossais Thomas Sutherland pour financer le commerce dans l'Extrême-Orient en 1865, et avait son siège central à HONG KONG où est toujours concentrée près de la moitié de ses transactions; si le siège avait été transféré à Londres avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997, c'est parce que ses actionnaires s'inquiétaient de l'attitude future du gouvernement chinois. Depuis 12 ans que la rétrocession s'est faite, ils sont rassurés : le PC (i.e. le gouvernement) chinois, a solidement verrouillé toute tentative de démocratisation, que les Britanniques avaient d'ailleurs royalement ignorée pendant plus d'un siècle ; mais il n'a aucune intention de mettre en péril sa principale place financière, ni évidemment son fleuron la HSBC où chacun peut depuis quelques années avoir un compte courant en yuan ou en HKdollars, au choix, et investir en Chine à tout va. Et comme, quoi qu'en dise M. Sarkozy, Hong Kong est bien resté un paradis fiscal, aucun financier ne comprendrait que le siège central de la banque, la 4ème du monde - je crois -, ne revienne pas au "pays natal"... Il y aurait sans doute encore beaucoup de choses à dire sur Hong Kong, mais le siège de la HSBC est un symbole ambigu, me semble-t-il !
M. Attali nous dit en même temps que le G20 ne peut pas fonctionner et qu'il prendra des décisions contraires aux intérêts européens. Où est la vérité ? Même s'il a raison, cela va obliger l'Europe à bouger; chaque pays Européens pris séparément pèse peu au niveau mondial, si ce n'est l'Angleterre sur le plan financier et l'Allemagne sur la technologie. C'est à chaque pays de développer sa spécificité pour être attrayant. Que nos dirigeants s'occupent de ça plutôt que d'aller faire des photos à droite ou à gauche.
Je ne me souviens pas où et je ne peux donc pas citer mes sources, mais je suis sûr d'avoir lu ou vu JA disant que le passage du G8 au G20 était absolument nécessaire pour donner enfin à la Chine, à l'Inde et au Brésil la tribune et la voix économique qu'ils sont en droit de réclamer. Je crois même qu'il ajoutait qu'il serait important d'y ajouter un système de gouvernance propre à passer du vœu pieux à la décision proprement dite.
Alors que pense-t-il réellement?
M. ATTALI est dans tous les médias nous abreuvent de ses commentaires sur tous les sujets, avec des analyses plus fantaisistes que réalistes. Reprenons l'ensemble de ses éditoriaux il prévoyait l'apocalyspe de la finance, le monde s'écroulait...etc
Il est important M. Attali que vous preniez un peu de repos médiatique car vouloir être sur tous les sujets est entrain de nuire à votre santé.
Allez soyez réaliste il est temps de reposer vos neurones.
Un internaute qui vous veut du bien.
Allez, d'abord un peu de pédagogie :
1) Dire une chose et son contraire n'est pas forcément contradictoire.
Ne serait-ce que le contexte, oui, oui, ce repère dans le temps et l'espace
qui est à prendre en compte. Pour simplifier, si les circonstances évoluent,
n'est-il pas concevable que la réponse à une situation donnée
puisse évoluer aussi ? (Avant/après !).
2) Imaginons maintenant l'observateur d'un différend entre deux parties,
selon qu'il expose le point de vue de l'une ou de l'autre, son discours
ne reprendra-t-il pas tour à tour et en toute bonne foi des arguments
diamétralement opposés ?
En l'occurrence, l'analyse "globale" d'un sommet mondial
pourrait très bien différer de celle, plus restreinte,
ne concernant que l'un de ses participants.
Jacques Attali, qui pousse en général sa réflexion assez loin,
ne pourrait-il pas avoir présenté l'ensemble des travaux du G20
sous un angle différent de celui sous lequel il conclut
à propos des seuls intérêts de l'Europe ?
Le tout sans le grand écart
vaguement allégué ?
. . .
En tout état de cause, avant de témoigner à charge, pour ne pas risquer d'apparaître
comme une personne superficielle ou mal intentionnée, la moindre des choses
est de documenter son argumentaire avec soin et de citer ses preuves
avec des références précises.
Relattalivement.
Je trouve que ces temps-ci, la Turquie accroit sa visibilité médiatique avec un certain brio.
Sans faire de tapage.
Sa position se renforce sur l'échiquier mondial. Et son taux de croissance économique, malgré la crise peut faire pâlir d'envie nombre de nos pays européens.
Grands chantiers (la France est souvent écartée des appels d'offres pour cause de propos contre-productifs formulés par nos dirigeants à l'égard de la Turquie )
projet Nabucco, etc
Elle se positionne aussi sur le champ de la médiation diplomatique ( conflits du Proche-Orient). Et s'est rapprochée de l'Arménie.
Aziyadé
http://360degres.over-blog.com
Dommage qu'elle n'accroit pas avec le même brio sa visibilité sur le respect des droits de l'homme!