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Participation record des journalistes au référendum du PS

Capture d'écran du site internet proposant le référendum du Parti socialiste

Capture d'écran du site internet proposant le référendum du Parti socialiste

De vendredi 16 à dimanche 18 octobre, le Parti socialiste organise un référendum sur «l’unité de la gauche» en vue des élections régionales en décembre. Sauf que les conditions du scrutin par internet ne sont pas assez strictes. Et trop tentantes pour les journalistes.

«Face à la droite et l’extrême droite, souhaitez-vous l’unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales?» La question est posée depuis ce 16 octobre au matin aux sympathisants du PS, et ce, jusqu’à dimanche 18 octobre. Il y a plus de 2.000 points de vote répartis sur le territoire et les usagers peuvent donner leur avis sur internet via le site referendum-unite.com. On l’avoue, chez Slate.fr, lorsque l’on a vu les conditions pour le vote électronique du référendum organisé par le Parti socialiste, on s’est dit qu’elles étaient quelque peu «légères».

«Les internautes peuvent voter en ligne sur le site internet dédié, du vendredi 16 octobre à 08H00 au dimanche 18 octobre à 20H00. Il est nécessaire de disposer d’une adresse électronique valide et de préciser les informations suivantes: Nom, Prénom, adresse électronique, adresse postale et date de naissance», expliquent les conditions du site internet.

On s’est dit alors qu'on allait devoir «essayer» par nous-mêmes. Juste pour analyser la stratégie du parti de Jean-Christophe Cambadélis, à l’origine du scrutin, pour éviter tous les votes «trolls» qui pouvaient potentiellement affluer.

Anne Lalanne et Nicolas Sarkozy ont voté

Finalement, nul besoin de se donner cette peine. D’autres journalistes avaient aussi flairé le coup. Dès vendredi à 10h30, un premier article de l’Obs est publié sur le sujet, où le rédacteur et neuf de ses alias ont pu répondre oui ou non à la question posée. Metronews embraye en faisant voter Paul Bismuth (un alias de Nicolas Sarkozy), Anne Lalanne (un supposé pseudonyme de Marine Le Pen sur Twitter) ou encore Gorge Profonde.

Le Figaro et l’Opinion sont également dans les starting-blocks. Rue89 annonce «le bourrage d’urnes le plus facile de l’histoire» et fait participer Nicolas Sarkozy et Valérie Trierweiler. «Il apparaît ce vendredi qu’il est très simple de voter plusieurs fois, sans même prendre la peine de créer de nouvelles adresses email, ce qui est toujours pénible. Il suffit de passer par des alias, et donc de rajouter un “+” quelque chose à la fin de votre adresse gmail, par exemple», précise même le pure-player.

Les adresses IP scrutées

Pourtant, les conditions avaient été bien établies. Seules les personnes «se retrouvant dans les valeurs de la gauche, de l’écologie et de la République et déclarant sur l’honneur adhérer aux principes de la charte d’engagement» pouvaient y participer. Un des principes de cette dernière est de voter une seule fois au référendum pour l’unité de la gauche et des écologistes.

Les expérimentations des journalistes n’ont pas manqué de provoquer la colère du Parti socialiste. Rachid Temal, responsable de la logistique du référendum et secrétaire national chargé de la coordination et de l’organisation, a contacté Rue89 pour critiquer leur démarche. Selon lui, le scrutin en ligne «ne sera pas au cœur du dispositif» et la base de données sera nettoyée à la fin de la votation pour supprimer les doublons.

Pour cela, Solférino compte «vérifier les adresses IP», selon Metronews. Une méthode contestable tant celles-ci sont facilement modifiables pour certains et pénalisantes pour d’autres. Des personnes d’un même foyer, votant donc avec la même adresse IP, verraient leurs votes invalidés.

Une autre question posée par ce référendum est le vote des robots. Le site n’a même pas à sa disposition un «captcha», un test qui permet de voir si l’utilisateur est humain ou non. Seul élément de consolation pour le PS et Jean-Christophe Cambadélis, les journalistes semblent avoir voté un nombre équitable de oui et de non, pour ne pas fausser le résultat. Et avec un tel engouement, le référendum devrait attendre l’objectif des 300.000 votants sans problème.

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