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Le porno dans une passe difficile

Non, le porno ne transforme plus tout ce qu’il touche en or | Surian Soosay via Flickr CC License by

Non, le porno ne transforme plus tout ce qu’il touche en or | Surian Soosay via Flickr CC License by

Le porno, il y a peu de temps si prospère, est devenu une industrie hésitante aux profits marginaux.

Dans le porno, les clichés eux aussi ont la peau dure. Pour beaucoup, la pornographie est une industrie, ou plutôt le moteur de la «révolution» numérique, brassant les milliards et les nouvelles technologies, et se partage entre diverses multinationales dirigées par des patrons au look californien des années 1970 plus ou moins raffinés. Wired s’inscrit en faux contre ces idées reçues, que le site appelle dans un article des «meso-ideas» c’est-à-dire des traits qui ont cessé depuis longtemps d’exister mais qui continuent à vivre dans l’imaginaire.

Le tableau dressé par Wired est nettement moins réjouissant. Si, dans les années 90 et 2000, tout ce que touchait le porno se transformait en or ou presque, l’apparition de plateformes regroupant et partageant gratuitement des milliers de vidéos a réduit les profits de nombreuses compagnies. L’arrivée sur le marché d’applications, comme Snapchat, dont les utilisateurs peuvent proposer des contenus pour adultes sans que l’application n’annonce la couleur, a également bousculé les positions établies. Dans un autre genre, l’envolée de YouTube et celles des réseaux sociaux a concurrencé le trafic en direction des sites de charme dont on a dit, à l’envi, qu’il représentait 37% de la présence sur internet.

En attendant la réalité virtuelle

Bien sûr, un des géants de la pornographie en ligne comme PornHub assure recevoir 100 millions de visites par jour pour une durée moyenne de neuf minutes, soit 450 millions d’heures de visionnage par mois. Le score peut paraître impressionnant; il l’est moins si on le rapproche des 60 millions d’adhérents Netflix et leur plus de 3 milliards d’heures passées par mois sur les programmes de l’entreprise de production, sans parler des scores ahurissants revendiqués par YouTube au quotidien

The Economist s’est lui aussi penché sur la petite forme du porno. Aux États-Unis, pays-phare dans le domaine, le nombre de studios de tournages pornographiques reconnus est passé de 200 il y a quelques années à seulement une vingtaine aujourd’hui. Les salaires des acteurs ont suivi la même courbe. Un acteur ou une actrice porno qui touchait auparavant 1.500 dollars par heure de travail en perçoit aujourd’hui 500. Le cinéma X cherche à présent de nouvelles voies. L’une d’entre elles aiguise le plus ses appétits: la réalité virtuelle, où, grâce à des lunettes numériques et à des casques, l’amateur pourrait se retrouver impliqué dans un acte sexuel aussi fictif que vraisemblable. Pour le moment, le principe n’en est qu’à ses balbutiements, mais le porno compte là-dessus pour un possible retour de flamme... lucratif. 

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