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Révélations de The Intercept: il y a très probablement un deuxième Snowden

Edward Snowden | Praxis Films

Edward Snowden | Praxis Films

La source à l’origine des révélations sur le programme américain des drones n’est pas Edward Snowden. Et cette personne anonyme pourrait bien avoir été évoquée dans «CitizenFour».

Et si les États-Unis avaient affaire à un nouveau Snowden? Deux ans après les révélations du lanceur d'alerte qui ont permis de mettre en évidence les programmes de surveillance généralisés du renseignement américain, The Intercept –cofondé par Glenn Greenwald, qui était l'un des journalistes derrière ces premières révélations– vient de publier un dossier contenant des documents confidentiels sur le programme des drones américain.

Comme le raconte Wired, «les révélations sur la CIA et le JSOC incluent des preuves que jusqu'à 90% des personnes tuées par des drones lors d'une période de cinq mois n'étaient pas la bonne cible, qu’un ancien citoyen britannique a été tué par une frappe malgré plusieurs opportunités pour le capturer, mais aussi des détails sur l'atroce processus via lequel le gouvernement américain choisit qui va mourir, selon des “cartes de baseball” d'informations sur une personne créées pour des cibles individuelles et la chaîne d'autorisation qui remonte jusqu'au président».

Et comme nous l'indiquions hier, dans le premier article, «Jeremy Scahill explique que c'est une nouvelle source –ce qui laisse entendre que ces documents ne viennent donc pas d'Edward Snowden– qui leur a fourni ces informations remontant à la période 2011-2013».

«Peine de mort sur champ de bataille mondial»

L'idée d'un deuxième Snowden n'est pas tout à fait nouvelle. En octobre 2014, Yahoo! expliquait que les agents fédéraux américains avaient identifié un deuxième lanceur d'alerte et que son domicile avait été fouillé. Un an plus tard, on n'en sait pas plus sur cette histoire, puisque, comme l'indique Wired, «aucune arrestation ou inculpation n'a été rendue publique, et The Intercept a publié ce qui semble être l'une des plus grandes révélations de sa nouvelle source».

Cette nouvelle source a par ailleurs expliqué ses motivations à The Intercept:

«L'explosion scandaleuse du nombre de personnes à surveiller –classées et empilées dans des listes, avec chacune leur numéro et leur vignette attitrés, que l'on condamne à la peine de mort sans les prévenir sur un champ de bataille mondial–, c'était, dès le départ, une mauvaise idée. Nous laissons ceci se produire. Et par “nous” je veux dire n'importe quel citoyen américain qui a accès à ces informations aujourd'hui, et qui continue de ne rien faire à ce sujet.»

Cette nouvelle source pourrait d'ailleurs être celle évoquée à la fin de CitizenFour, le documentaire oscarisé de Laura Poitras, où l'on suit Edward Snowden quelques heures avant et après la publication des premiers documents sur la surveillance généralisée, en juin 2013. On y voit le lanceur d'alerte et Glenn Greenwald dans une chambre à Moscou, quelques mois après les révélations.

Greenwald écrit sur des bouts de papier des informations sur ce qu'ils préparent et ce qu'ils ont découvert. Snowden semble surpris:

«C'est très dangereux. Pour la source. Est-ce qu'ils savent comment se protéger?»

Greenwald lui explique qu'ils utilisent un moyen pour échanger (probablement SecureDrop) et un autre pour communiquer (probablement le logiciel de chiffrement PGP, indique Wired). Le journaliste lui indique qu'ils font très attention des deux côtés. Le tout avant de lui montrer une nouvelle feuille de papier qu'il montre ensuite au lanceur d'alerte, qui laisse penser que les révélations sont importantes.

L'un des papiers évoquait déjà les frappes de drone, ce qu'avait déjà relevé le Washington Post, en octobre 2014.

Capture d’écran de CitizenFour, de Laura Poitras

Et Greenwald expliquait alors qu'il y avait un graphique de chaîne d'autorisation. Son croquis ressemble étrangement à ce document confidentiel publié par le site internet ce 15 octobre.

Ce document du Pentagone datant de mai 2013 montre la chaîne de commandement à l’origine des frappes de drones au Yémen et en Somalie.

Greenwald avait alors expliqué à Snowden que ses actions avaient probablement motivé leur nouvelle source.

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