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«Ennemis tués en action» désigne les civils tués par des drones américains

Temps de lecture : 2 min

La difficulté à identifier les terroristes provoque la mort de nombreux civils.

Nabila Rehman, 9 ans, a dessiné la frappe menée par des drones américains sur son village, au Pakistan, qui a tué sa grand-mère et montre ce dessin lors d’une conférence de press à Washington, le 29 octobre 2013 | REUTERS/Jason Reed
Nabila Rehman, 9 ans, a dessiné la frappe menée par des drones américains sur son village, au Pakistan, qui a tué sa grand-mère et montre ce dessin lors d’une conférence de press à Washington, le 29 octobre 2013 | REUTERS/Jason Reed

Le site The Intercept vient de révéler plusieurs documents confidentiels sur le programme des drones américains en Somalie, au Yémen et en Afghanistan de 2011 à 2013. On apprend dans ces «Drone Papers» que, pour identifier les cibles à éliminer, le Pentagone se fie surtout à des renseignements obtenus électroniquement, des informations qui sont souvent peu fiables:

«C’est stupéfiant le nombre de fois où les mauvaises personnes sont ciblées, explique le lanceur d’alerte anonyme qui a confié les documents à The Intercept. Ce n’est souvent qu’après plusieurs mois ou années que tout d’un coup on se rend compte que, alors qu’on croyait suivre une cible importante, en fait, c’était le téléphone de sa mère.»

Cette difficulté à identifier les terroristes fait que de nombreux civils meurent dans les frappes. Or, selon les documents révélés dans The Intercept, l’administration Obama tente de masquer ces morts en qualifiant les victimes d’«ennemis tués en action».

Minimiser le décompte

Si, après leur décès, aucune preuve ne vient remettre en cause ce statut, la désignation d’ennemi demeure, ce qui permet de minimiser le décompte des morts de civils:

«Toute personne qui est dans les parages est coupable par association, a expliqué la source anonyme. Lorsqu’un drone tue plus d’une personne, il n’y a aucune garantie que ces personnes aient mérité ce sort.»

Newsweek rapporte que les frappes de drones en Afghanistan entre janvier 2012 et février 2013 ont tué 200 personnes, dont 35 seulement étaient des cibles. Il y a encore moins de renseignements disponibles sur les terroristes présumés au Yémen et en Somalie, et The Intercept suggère donc que les nombres de décès de civils sont probablement pires dans ces pays.

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Le dossier explique aussi le processus long et complexe, parfois sur plusieurs années, qui permet d’autoriser ces frappes. Des officiels du Pentagone et des services de renseignement créent des fiches d’identité sur les cibles, et ces documents circulent à tous les échelons du gouvernement, jusqu’au bureau du président Barack Obama. Celui-ci approuve chaque cible mais pas les frappes individuelles. Selon les documents, Obama met en moyenne cinquante-huit jours à approuver une cible, après quoi l’armée a soixante jours pour mener la frappe.

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