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Après le bombardement américain, dans les ruines de l’hôpital de Kunduz

Photographie de l'hôpital de Kunduz, par Andrew Quilty pour Foreign Policy.

Photographie de l'hôpital de Kunduz, par Andrew Quilty pour Foreign Policy.

Un photographe de Foreign Policy s’est rendu dans les ruines de l’hôpital qui était géré par Médecins sans Frontières.

Alors que Médecins sans frontière a demandé très officiellement à la Commission internationale humanitaire d'établissement des faits (IHFFC) de prendre en charge une enquête indépendante sur le bombardement américain de l'hôpital de Kunduz, survenu le 3 octobre dernier, sur place, la vie reprend difficilement.

Andrew Quilty, photo-journaliste free-lance, a profité d’un semblant de calme dans la ville pour visiter ce qu’il reste du bâtiment et en tirer une série de photos publiée sur Foreign Policy. Il y a quatre mois, il avait déjà visité et photographié l'hôpital quand il fonctionnait encore à plein régime. Mais aujourd'hui, en revenant sur place, il n'a retrouvé que des ruines et des corps calcinés. En se rapprochant de la zone attaquée, il a compris que seuls deux hommes semblent veiller sur l’hôpital, et que les vols et les pillages de matériels médicaux sont fréquents. D’ailleurs, à en juger l’état des lieux, n’importe qui pourrait venir se servir :

«De gros morceaux de béton de l’allée ont été déplacés; des boîtiers de climatisation pendent de leurs supports. Des cadres de fenêtres brisés ont perdu leurs carreaux, et de la tôle tordue et défoncée dépasse du toit. Au-dessus des portes, des traînées de suie noire strient les murs jusqu’au plafond. Dans tout le bâtiment, sur toutes les surfaces visibles, on voit des impacts ronds, sporadiques et violents, laissés par les balles. À d’autres endroits, des projectiles plus grands ont traversé les murs, perçant des trous de 60 cm de large dans les briques solides.»

Mais les images les plus choquantes concernent évidemment les victimes de l’attaque, qui jonchent encore le sol. Pour rappel, l'attaque aérienne américaine avait tué 22 personnes, dont douze médecins et trois enfants, et blessé 37 autres.

«Des corps et des restes humains sont dispersés ça et là, la plupart du temps, seuls. À une unique exception près, tous ces corps –ou ce qu’il en reste– encore dans l’hôpital sont à terre. À côté des restes d’une des victimes –reconnaissable uniquement à un pied arraché–, on voit les carreaux blancs et bleu clair d’une chemise de nuit d’hôpital, presque intacte.»

Les photos d’Andrew Quilty sont disponibles sur le site de Foreign Policy.

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