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The Intercept dévoile des documents secrets sur le programme des drones américain

The Intercept

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Le site américain dénonce la normalisation d'une politique anti-terroriste fondée autour d'une seule stratégie à l'efficacité peu prouvée: l'assassinat sans aucune forme de procès.

On doit commencer à un peu hyperventiler du côté de Washington. The Intercept, le site internet cofondé par Glenn Greenwald, l'un des journalistes qui a publié les documents Snowden vient de mettre en ligne tout un dossier contenant de nombreux documents confidentiels sur le programme de drones mené par les États-Unis.

Intitulé The Drone Papers (en référence aux Pentagon Papers), il donne de nouvelles informations sur la face cachée de cette guerre des drones. Huit articles –dont un de présentation– un glossaire et de nombreux documents sont disponibles sur le site de The Intercept.


«Les drones sont un outil, pas une politique. La politique, c'est l'assassinat», écrit Jeremy Scahill.

«Dès le départ, une mauvaise idée»

Dans le premier de ces articles, Jeremy Scahill explique que c'est une nouvelle source –ce qui laisse entendre que ces documents ne viennent donc pas d'Edward Snowden– qui leur a fourni ces informations remontant à la période 2011-2013, pour que le public comprenne comment des gens se retrouvent placés sur des listes de personnes à tuer avant d'être assassinés sur ordre des membres les plus haut placés du gouvernement américain. L'informateur secret leur a précisé:

«L'explosion scandaleuse du nombre de personnes à surveiller –classées et empilées dans des listes, avec chacune leur numéro et leur vignette attitrés, que l'on condamne à la peine de mort sans les prévenir sur un champ de bataille mondial– c'était, dès le départ, une mauvaise idée.»

Dans ce même article, Jeremy Scahill explique, par ailleurs, que ce programme est loin d'être efficace:

«Pris ensemble, les documents secrets nous amènent à la conclusion que les quatorze années de campagnes de ciblages souffrent d'une surdépendance aux signaux du renseignement, d'un bilan civil apparemment incalculable et –dû à une préférence pour l'assassinat plutôt que pour la capture– d'une inefficacité à extraire des informations potentiellement importantes de suspects de terrorisme. Ils soulignent également la futilité de la guerre en Afghanistan en montrant comment les États-Unis ont investi des ressources dans le meurtre d'insurgés locaux, ce qui a exacerbé la même menace que les États-Unis cherchent à confronter.»


Lors d'une période de cinq mois, pendant une opération américaine en Afghanistan, près de 90% des personnes tuées n'étaient pas les cibles désignées

Le journaliste conclut par un lapidaire:

«La doctrine du “find, fix, finish qui a nourri la guerre sans limite de l'Amérique post 11-Septembre a été revue et institutionnalisée. Que ce soit par l'usage de drone, de raids nocturnes ou de nouvelles plateformes qui n'ont pas encore été déployées, ces documents dévoilent la normalisation de l'assassinat comme le composant central de la politique anti-terroriste.»

Les documents et le travail des journalistes sont à lire sur le site de The Intercept.

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