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Le Pakistan savait qu’Oussama Ben Laden était sur son sol

Journalistes et habitants se pressent autour de la dernière demeure d’Oussama ben Laden à Abbottabad, le 3 mai 2011 | REUTERS / Akhtar Soomro

Journalistes et habitants se pressent autour de la dernière demeure d’Oussama ben Laden à Abbottabad, le 3 mai 2011 | REUTERS / Akhtar Soomro

C’est l’ancien ministre de la Défense pakistanais qui l’affirme.

Le 2 mai 2011, vers 1h30 du matin, Oussama Ben Laden est exécuté par un commando américain dans sa résidence fortifiée d’Abbottabad. Près de dix ans après les attentats du 11-Septembre, sa mort est un soulagement pour nombres d’Américains. Pourtant, il a fallu peu de temps avant que des polémiques éclatent sur les conditions de sa mort, sa localisation, mais aussi sur le rôle qu’aurait joué le Pakistan dans sa fuite. Comme il y était réfugié depuis près de dix ans, la question d’une éventuelle complicité était, en effet, légitime.

Un rapport de la commission d'enquête établie par les autorités pakistanaises dans la foulée de l'assaut et dévoilé en mai 2015 pointait effectivement des responsabilités pakistanaises:

«Oussama Ben Laden a été en mesure de rester dans les limites du périmètre d'Abbottabad en raison de l'échec collectif des autorités militaires, des services de renseignements, de la police et de l'administration civile. Cet échec [de l'armée et du renseignement] ressort de la négligence ainsi que de l'incompétence. Et à un degré indéterminé, il a pu impliquer ou non un niveau de complicité important.»

Secret de polichinelle

Le Washington Post vient renforcer cette thèse en rapportant les propos de l’ancien ministre de la Défense pakistanais sur la télévision indienne CNN-IBN.

 

«Le Pakistan admet enfin officiellement que les chefs civils et militaires savaient qu’Oussama Ben Laden se trouvait sur son territoire.»

Pour Chaudhry Ahmed Mukhtar, l’information était un secret de polichinelle et les autorités connaissaient depuis longtemps le lieu de résidence du terroriste. À la question «Le président Asif Ali Zardari, le chef des forces armée Ashfaq Kayani, des gens dans la chaîne de commandement civile et militaire avaient-ils eu des informations sur Oussama?», il répond simplement «oui». Une bonne nouvelle pour les États-Unis, qui avaient été critiqués pour avoir mené l'opération sans avoir prévenu les autorités pakistanaises. 

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