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En Chine, les «thérapies de guérison de l’homosexualité» subsistent malgré leur illégalité

L’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie en Chine depuis 2001 et, pourtant, des cliniques proposent encore des traitements aux électrochocs.

La chaîne anglaise Channel 4 a récemment diffusé un reportage consacré aux «cures de traitement de l’homosexualité» que proposent encore certaines cliniques. Être gay n’est plus illégal depuis 1997 et n’est plus considéré comme une maladie depuis 2001, mais certains instituts proposent toujours des médicaments et des séances d’électrochocs pour «soigner» les homosexuels.

Dans la vidéo ci-dessus, on peut visionner le témoignage de John, activiste LGBT chinois, qui s’est rendu avec une caméra cachée dans l’une de ces cliniques afin de filmer ces séances. On y voit une femme en blouse blanche lui conseiller de prendre une douche froide ou d’aller courir pour évacuer les hormones quand il ressent du désir à l’égard d’autres hommes.

Elle va ensuite évoquer la prises de certains médicaments, et les chocs électriques, que le jeune homme pourrait s’administrer lui-même à l’aide d’un bâton en cas de besoin. Dans un autre hôpital, le traitement va plus loin et un autre activiste va recevoir des électrochocs directement dans une salle de soins. Commençant avec 2 volts, les charges vont augmenter progressivement et être envoyées directement sur le crâne du jeune homme, qui va alors ressentir une paralysie du visage.

Méthodes archaïques

Cette thérapie est illégale, une clinique a même été condamnée en décembre 2014. Mais, à la suite du reportage, plusieurs policiers sont venus voir les activistes pour leur demander s’ils avaient récemment filmé ce genre de pratiques et leur faire comprendre implicitement que le silence était de mise.

Ces méthodes archaïques sont d’autant plus choquantes que la société chinoise accepte progressivement l’homosexualité. Comme le rappelle le site Quartz, une étude du Pew Research Center publiée en 2013 montre que la Chine fait partie des pays ayant montré le plus de progrès dans la tolérance vis-à-vis de l’homosexualité (en 2013, 21% des Chinois acceptaient l’homosexualité, contre 17% en 2012, soit une progression de 4 points). 

Bien sûr, comme le raconte John, un problème de fond persiste, au-delà même de l'homophobie d'une partie de la société. Les parents ont plus du mal à accepter l’homosexualité de leurs propres enfants et continuent à les forcer à faire ce genre de «cure», alimentant ces pratiques devenues illégales.

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