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Les écarts entre les XV sont moins flagrants mais restent importants

Le Japonais Male Sau et le Géorgien Davit Katcharava lors d'un match amical, le 5 septembre 2015 | REUTERS/Ian Smith.

Le Japonais Male Sau et le Géorgien Davit Katcharava lors d'un match amical, le 5 septembre 2015 | REUTERS/Ian Smith.

Le premier bilan statistique de cette Coupe du monde de rugby 2015 montrent que la compétitivité s’est améliorée entre les vingt sélections.

Quarante matchs, 231 essais, 2.020 points inscrits. Voici le premier bilan statistique de cette Coupe du monde de rugby 2015 au moment d'aborder les phases finales.

Ces presque cinquante points par match sont le plus faible total depuis le passage à vingt équipes, en 2003, explique le site de la compétition, comme l'a relevé Pierre Godon:

Lors de la dernière édition, ce chiffre était un tout petit peu plus élevé (2.022), mais on peut voir qu'il a nettement baissé par rapport aux Coupes du monde 2007 (2.181, soit 54,6 points par match) et 2003 (2.486 points inscrits, soit 62,15 par match).

Quant à la deuxième partie de l'affirmation de l'organisation de la Coupe du monde, à savoir que «cela prouve l'amélioration de la compétitivité entre les vingt sélections», il a fallu se pencher sur l'écart moyen.

Et là encore, on trouve que ce chiffre a considérablement baissé au fil des dernières années. Entre 2003 et 2015, il a chuté de plus de douze points par rencontre:

  • 2003: 36 points d'écart en moyenne;
  • 2007: 29,6 points d'écart en moyenne;
  • 2011: 28,1 points d'écart en moyenne;
  • 2015: 23,9 points d'écart en moyenne.

Comme le racontait Jack Kerr à propos de la Coupe du monde féminine de football, «cette baisse coïncide, et ce n’est pas un hasard, avec une amélioration de la compétitivité en particulier et du niveau de jeu mondial en général».

Petites équipes punching-balls

Certaines nations nous ont même offert un petit frisson, comme le Japon, tombeur de l'Afrique du Sud lors de son premier match et qui aurait pu se qualifier pour les quarts de finale aux dépens de l'Écosse, qui a difficilement battu les Samoa (36-33). Pour rappel, il y a tout juste huit ans, les Japonais avaient commencé la compétition en prenant un 91-3, infligé par l'Australie. Toujours mieux que le 142-0 passé par l'Australie à la Namibie, en 2003. 

Pour autant, la Coupe du monde de rugby reste une compétition où la plupart des petites équipes continuent de servir de punching-ball aux grosses. Les Uruguayens n'ont pas pu faire mieux qu'une défaite de 32 points face aux Fidji (47-15). Les États-Unis ont pris 64 points face à l'Afrique du Sud et la Namibie sort avec les honneurs d'un tournoi où elle a encaissé 174 points en quatre matchs.

Yannick Cochennec donnait une explication à cela dans un article consacré à la mondialisation du rugby:

«Dans un sport où la puissance est reine et forge les victoires, les nations les plus éminentes ont, à la fin, le dernier mot en raison de la richesse de leurs effectifs et du fait qu’il est possible pour elles de les “faire tourner” afin de ménager les organismes –ce qui est moins envisageable pour les “petits pays” aux réservoirs humains plus maigres. Sur la balance du talent, trente-et-un Néo-Zélandais ne pèsent évidemment pas le même poids que trente-et-un Canadiens. Quinze ans après son arrivée au sein du Tournoi des VI Nations, l’Italie demeure ainsi confinée à un second rôle auprès de ses cinq concurrents.»

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