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Une île des Caraïbes est le théâtre de nombreuses disparitions

La côte est de l'île de la Providence | Luis Barreto via Wikimedia Commons License by

La côte est de l'île de la Providence | Luis Barreto via Wikimedia Commons License by

L’île de la Providence a perdu 800 hommes. Et le trafic de drogue n’y est probablement pas pour rien.

C’est une énigme aussi mystérieuse qu’un trésor de pirates que renferme l’île de la Providence. La BBC rapporte que cette île située au large du Nicaragua serait le théâtre de nombreuses disparitions inexpliquées. Les chiffres font froid dans le dos. Sur les 5.000 à 6.000 habitants que compte l’«Isla de Providencia», 800 hommes auraient disparu. Même si personne ne sait vraiment où sont passés les disparus, les règlements de comptes et les arrestations liées à la drogue sont néanmoins les pistes privilégiées par les habitants.

L'île de la Providence au large du Nicaragua | Crédit Google Maps

Le convoyage de drogue est en effet un des meilleurs moyens de gagner de l’argent pour ces navigateurs aguerris qui connaissent par cœur les eaux environnantes. «Les insulaires connaissent l'océan mieux que quiconque, ils sont embauchés comme pilotes dans les narcovedettes», explique Amparo Ponton, un journaliste qui a vécu vingt-cinq ans sur l’île de la Providence.

Chômage et narcotrafic

Rattachée à la Colombie malgré sa proximité avec le Nicaragua et le Costa Rica, elle est ainsi une des plaques tournantes des narcotrafiquants colombiens pour acheminer la cocaïne vers la Floride. «Nous perdons nos hommes. Selon mes recherches, il y a au moins 800 hommes qui sont incarcérés dans différentes prisons à l'étranger ou qui ont tout simplement disparu», déclare un habitant qui souhaite conserver l’anonymat à la chaîne britannique. Une mère témoigne du chômage qui règne dans les environs et qui lui a fait perdre son fils:

«Mon garçon a fini dans une prison du Mississippi. Il avait déjà purgé une peine de six ans aux États-Unis mais il essayé encore et il a encore échoué. Je pense qu'il a essayé de nouveau parce qu'il n'a pas trouvé de travail...»

À 26 ans, Loreno Bent aurait pu lui aussi tenter d’empocher des milliers de dollars en tentant la traversée, mais a préféré garder son activité de pêcheur. Il regrette néanmoins ses amis partis en mer qui ne sont jamais revenus, sans les blâmer pour autant:

«Les mères pleurent parce que leurs garçons partent et ne reviennent jamais. Personne ne sait où ils sont. Ils pourraient être dans une prison partout dans le monde. Nous ne savons tout simplement pas. La mer est notre économie, cela n’a pas d'importance si elle est légale ou illégale. Ce qui importe ici, c’est que l'acquisition de votre argent n'a pas entraîné un crime contre un autre humain. En Colombie, c’est considéré comme illégal mais, pour beaucoup d'entre nous, c’est notre seul moyen de subsister. Donc nous ne voyons pas cela comme quelque chose d'illégal.»

La vague de disparition risque de continuer à engloutir ces marins partis en quête d'un avenir meilleur si le chômage ne baisse pas dans la région. 

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