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Coupe du monde de rugby: un grand 8 sans l'Angleterre, mais sans nouveau venu

L'Irlandais Ian Madigan lors du match France-Irlande dimanche 11 octobre. REUTERS/Reuters Staff

L'Irlandais Ian Madigan lors du match France-Irlande dimanche 11 octobre. REUTERS/Reuters Staff

Parmi les pays qualifiés, seule l'Irlande n'a jamais atteint les demi-finales de la compétition.

La Coupe du monde de rugby peut dire un grand merci à Lloyd Williams. Sans le superbe coup de pied de recentrage du remplaçant gallois envoyant Gareth Davies à l'essai lors de la victoire de son pays contre l'Angleterre (28-25), les quarts de finale de la Coupe du monde auraient exactement ressemblé à ce à quoi on pouvait s'attendre au début de la compétition. Après la défaite de la France face à l'Irlande pour la tête du groupe D, dimanche 11 octobre à Cardiff (9-24), on sait désormais qu'ils opposeront, les 17 et 18 octobre, l'Afrique du Sud au Pays de Galles, la Nouvelle-Zélande à la France, l'Irlande à l'Argentine et l'Australie à l'Ecosse.

Si cette Coupe du monde a connu une énorme surprise avec l'élimination du pays organisateur, la composition du grand 8 final ne sort donc en revanche pas des sentiers battus puisque les qualifiés ont tous déjà atteint dans le passé ce stade de la compétition. L'Angleterre a simplement remplacé le Pays de Galles dans le rôle de la victime désignée d'un tirage au sort qui a envoyé dans le même groupe quatre des neuf meilleures nations du monde –un rôle qui était généralement tenu par une des autres îles britanniques puisque c'est seulement la troisième fois, après 1987 et 2003, qu'Ecosse, Irlande et Pays de Galles se qualifient simultanément pour ce stade de la compétition.

Le club des quarts de finaliste de la Coupe du monde reste donc limité à douze membres, le Japon s'étant vu refuser l'entrée à cause de la courte victoire de l'Ecosse contre les Samoa. Voici le classement des douze pays selon leur nombre d'accessions au quarts de finale:

1. Australie, France et Nouvelle-Zélande (1987, 1991, 1995, 1999, 2003, 2007, 2011, 2015): 8 participations
4. Angleterre (1987, 1991, 1995, 1999, 2003, 2007, 2011) et Ecosse (1987, 1991, 1995, 1999, 2003, 2007, 2015): 7 participations
6. Afrique du Sud (1995, 1999, 2003, 2007, 2011, 2015) et Irlande (1987, 1991, 1995, 2003, 2011, 2015): 6 participations
8. Pays de Galles (1987, 1999, 2003, 2011, 2015): 5 participations
9. Argentine (1999, 2007, 2011, 2015): 4 participations
10. Fidji (1987, 2007) et Samoa (1991, 1995): 2 participations
12. Canada (1991): 1 participation

Seuls trois pays, la France, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, font carton plein –l'Afrique du Sud s'est elle aussi qualifiée à chacune de ses participations, après avoir été écarté des deux premières Coupes du monde en raison de sa politique d'apartheid. Quand on ne s'intéresse qu'aux demi-finalistes, le club se réduit à huit pays:

1. France (1987, 1995, 1999, 2003, 2007, 2011) et Nouvelle-Zélande (1987, 1991, 1995, 1999, 2003, 2011): 6 participations
3. Australie (1987, 1991, 1999, 2003, 2011): 5 participations
4. Angleterre (1991, 1995, 2003, 2007): 4 participations
5. Afrique du Sud (1995, 1999, 2007): 3 participations
6. Pays de Galles (1987, 2011): 2 participations
7. Ecosse (1991) et Argentine (2007): 1 participation

Un chiffre qui constitue un bon reflet de la mondialisation imparfaite du rugby. A titre de comparaison, sur ses huit premières éditions, la Coupe du monde de football avait accumulé 25 quarts de finaliste (dont Cuba et la Corée du nord!) et 17 demi-finalistes différents[1]. Comme le montre ce graphique que nous avions publié en juillet 2014, à ce stade de son histoire, la Coupe du monde de rugby masculine ne connaît comme tournoi plus élitiste que sa version féminine et les championnats du monde de volley masculin et de handball féminin.


Pour améliorer un peu ce total, il ne reste plus qu'à prier pour une victoire des Irlandais, seul pays à n'avoir jamais atteint les demi-finales, contre les Argentins.

1 — Avec ce bémol qu'à l'époque, la Coupe du monde de football n'utilisait pas forcément un système de poules (ce qui favorisait les surprises) et que les distances à franchir pour participer à la compétition désavantageaient fortement les pays du continent non organisateur. Retourner à l'article

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