Allemagne

Un village allemand diffuse un «code de bonne conduite» à l'intention des réfugiés

Temps de lecture : 2 min

Le maire d'Hardheim préconise notamment de ne pas importuner les jeunes filles en leur demandant leur contact Facebook.

Le village d'Hardheim | Matthias Melcher via Flickr CC License by CC
Le village d'Hardheim | Matthias Melcher via Flickr CC License by CC

«Chère femme étrangère, cher homme étranger, vous êtes maintenant en Allemagne. L'Allemagne est un pays pacifique. Il vous appartient désormais de ne pas rester étranger à notre pays.»

C'est avec ces mots que la mairie de Hardheim, un petit village du Bade-Wurtemberg, s'adresse sur son site internet aux centaines de réfugiés qui sont logés depuis quelques semaines dans une ancienne caserne située sur le territoire de la commune, rapporte le quotidien berlinois Der Tagesspiegel avec circonspection. Face aux plaintes des habitants vis-à-vis du comportement de certains réfugiés, le maire du village, Volker Rohm, a jugé bon de diffuser cette semaine un «code de bonne conduite» à leur égard –en allemand.

Extraits:

«En Allemagne, on paie d'abord les produits du supermarché avant de les ouvrir.»

«L'Allemagne est un pays propre et doit le rester! Il faut jeter les ordures ou les déchets dans les poubelles prévues à cet effet.»

«Les filles et les jeunes femmes sont importunées quand on les interpelle et leur demande leur numéro de portable et leur contact sur Facebook. Il ne faut donc pas le faire!»

«On n'entre pas dans une propriété privée, dans les jardins, les granges ou autres bâtiments et on ne récolte pas non plus de fruits et de légumes ne nous appartenant pas.»

Éviter les malentendus

Le site internet de Hardheim était aujourd'hui inaccessible durant plusieurs heures, «en raison d'un grand nombre de demandes». Le tabloïd Bild reproduit ici le texte en entier. Interrogé par l'agence de presse epd, Volker Rohm se défend de vouloir stigmatiser les réfugiés:

«Peut-être que certaines phrases sont un peu guindées ou hachées, mais mon intention était d'éviter les malentendus et les animosités.»

D'après le journaliste Rüdiger Busch, en poste au quotidien local Rhein-Neckar-Zeitung, les habitants du village, qui ne compte que 4.600 âmes et accueille actuellement 1.000 réfugiés, ont peur de perdre leur «pays natal», comme il l'explique à Der Taggespiegel:

«L'image de Hardheim est évidemment en train de changer.»

«Il se raconte qu'ils pillent les pommiers»

Le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung a publié cette semaine un long reportage (en accès payant) consacré aux réactions mitigées des habitants du village vis-à-vis des réfugiés, entre compassion et envie de leur venir en aide et craintes concernant leur sécurité et l'avenir du village:

«Ce qu'on se raconte au sujet des demandeurs d'asiles: qu'ils vont dans les granges et les jardins familiaux, pillent les pommiers et les carrés de légumes, occupent la place du château parce qu'il y a le wifi gratuit, qu'ils se déplacent par cohortes pour aller faire leurs courses, ne laissent pas passer les habitants sur les trottoirs et regardent les femmes d'Hardheim.»

«L'homosexualité est quelque chose de normal»

Der Taggespiegel fait remarquer qu'il existe déjà des guides de bonne conduite destiné aux réfugiés, à l'instar de refugeeguide.de, qui a créé par un groupe de bénévoles de la région de Hambourg et qui est lui dépourvu de relents stigmatisants. Quelques extraits:

«L'homosexualité est quelque chose de normal en Allemagne (un ancien ministre des Affaires étrangères était ouvertement homosexuel).»

«La ponctualité est importante en Allemagne. Faire attendre quelqu'un est considéré comme impoli. Lorsque l'on arrive en retard à un rendez-vous, cinq minutes peuvent déjà être considérées comme un manque de respect.»

«Les gens qui sont habillés légèrement en été sont considérés comme normaux. Porter un T-shirt ou un pantalon court en font partie. Il est impoli de regarder longuement ces gens.»

Slate.fr

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