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Les voleurs d'archives creusent un trou dans notre mémoire collective

Voleur Michelle Owner of the squishy via Flickr CC License by

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C'est notamment le cas de David Breithaupt qui, il y a quinze ans, arrondissait ses fins de moi en vendant sur internet des textes rares de grands écrivains.

La Kenyon Review, dont parle cet article de Literary Hub, n’est pas une simple revue littéraire universitaire. Le magazine américain fondé en 1939 dans l'Ohio fait régulièrement l’événement sur la scène littéraire américaine en publiant des textes inédits que leur envoient de grands auteurs comme Thomas Pynchon, Dylan Thomas ou plus proche de nous Joyce Carol Oates

La rédaction, souvent proche des auteurs, entretient avec eux une correspondance nourrie depuis des décennies. C’est principalement celle-ci, ainsi que quelques livres ou manuscrits rares conservés dans les archives du journal, que David Breithaupt, surveillant de nuit à l’université de Kenyon qui héberge la revue, a volé pour la vendre sur internet.

Un patrimoine non repertorié

Une des lettres mises aux enchères, une missive expédiée par l’écrivaine Flannery O’Connor à son ami et directeur du magazine John Crowe Ransom, a rapporté à Breithaupt 510 dollars. L’auteur de l’article fustige ce malfaiteur qui a voulu faire du bien «à son compte en banque comme à son estime personnelle» et, ce faisant, a contribué à faire sombrer dans l’oubli voire dans le néant des parcelles de l’histoire littéraire américaine. 

En effet, la plupart des textes vendus, dont les lettres, n’étaient pas répertoriés en tant que tels. Résultat: 

«Non seulement, nous avons perdu l’information que ces textes contenaient mais nous ne savons même pas que nous avons perdu cette information.(...) La perte d’un ou deux de ses documents peut creuser un trou dans notre mémoire collective.»

Si Literary Hub semble s’émouvoir de cette affaire aujourd’hui, celle-ci date de l’année 2000. Elle s’était d’ailleurs fort mal terminée pour David Breithaupt. En vendant une nouvelle lettre de Flannery O’Connor, il tombe sur le mauvais acheteur: Bill Richards, le bibliothécaire de l’université de Géorgie où O’Connor avait elle même étudié. Richards estime le document trop précieux pour faire l’objet d’une transaction à la sauvette sur internet et se renseigne. Ce sera le début de la fin pour le pillard littéraire.

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