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Voici l’homme qui nous inonde de déguisements «sexy». Et voilà pourquoi

Montage: photo du profil Facebook du patron de Yandy.com et costume homard.

Montage: photo du profil Facebook du patron de Yandy.com et costume homard.

Le magazine Maxim a interviewé Chad Horstman. Pour un aperçu amusant de l'air du temps.

Pour en apprendre sur la société dans laquelle on vit, il est certes très utile de se tourner vers des sociologues, des chercheurs, des entrepreneurs célèbres, des chefs d’État, ou des observateurs réputés et patentés de toutes sortes. Mais parfois, de manière étrange et surprenante, poser des questions à un «outsider» peut se révéler bigrement intéressant. C’est le cas de cette interview de Chad Horstman, patron de Yandy.com, un site qui vend des déguisements, et surtout des déguisements «sexys».

Vous savez, les costumes affriolant (enfin, pour certains) de Blanche-neige, de policière, de superwoman, d'infirmière ou d’écolière, régulièrement dénoncés par les féministes (il existe même un tumblr dédié). Et bien c’est lui. Et les costumes de Donald Trump, de Pizza rat ou du lion Cecil, le célèbre animal à la crinière noire dont le massacre a défrayé la chronique? C’est lui aussi.

Le sexy en robe ou jupe, c'est fini

Alors évidemment, le site Maxim qui a réalisé l’interview a eu envie de lui demander assez vite ce qui se vendait le plus, dans sa boutique en ligne. Vous pensez tout de suite peut-être au modèle «sorcière» pour Halloween ou à «Blanche-neige» ou «Superwoman» peut-être,  mais non. Étonnamment, pour les femmes, ce sont les costumes de policières et d’agents du Raid, (ou plutôt un équivalent du Raid, les Swat) qui se vendent le plus.

Ce qui marche, c’est plus que jamais le sexy-pratique: les shorts et les déguisements une pièce

Voilà qui en dit long sur la société américaine, mais ce n’est pas fini. Chad Horstman, continue en nous expliquant que les jupes et les robes, c’est en train de passer de mode. Ce qui marche, c’est plus que jamais, toujours et encore le sexy, mais pas celui qui nous dérange lorsque l’on veut marcher, danser et faire la fête. C’est le sexy-pratique en somme, les shorts et les déguisements une pièce, comme les combinaisons et les grenouillères.

Donald Trump, oui, Hillary Clinton, non

En revanche, il y a une chose avec lequel le patron de Yandy.com ne plaisante pas: ce sont les costumes évoquant la religion, un sujet dont on ne se moque pas aux États-Unis, un pays pas très Charlie où les caricatures de Mahomet n’ont pas été diffusées et où les athées sont regardés de travers. Exit donc les costumes de Ben Laden ou même de «nonnes sexy»

Chaque année, un de nos costumes est sur la liste des costumes les plus stupides ou les plus sexistes de Yahoo

Ah et puis aussi, on ne plaisante pas avec Hillary Clinton, on ne sait jamais, si elle était élue: on sait depuis quelques temps, depuis que ce n’est plus un gros mot, que la candidate à la primaire démocrate pour la présidentielle de 2016 se dit «féministe». Alors évidemment, elle pourrait ne pas apprécier un costume de «sexy Hillary»….

«Nos costumes sont simplement au goût du jour»

Selon lui, ses costumes ne sont pas vraiment sexistes. Ils réflètent simplement la façon actuelle de s’habiller. Mais Chad Horstman n’a pas peur du bad buzz pour autant. Celui-ci lui est même utile, affirme-t-il. «Chaque année, un de nos costumes est sur la liste des costumes les plus stupides ou les plus sexistes de Yahoo. Et neuf fois sur dix, celui qu’ils ont élu comme étant le "pire" fait partie de nos meilleurs ventes», crâne-t-il, dans une forme de pied-de-nez à tous ses détracteurs.

«Si vous allez dans une boite de nuit un samedi soir à Scottsdale (Arizona), où nous vivons, les filles sont habillées de manière relativement sexy. Donc je ne pense pas que nos costumes soient vraiment… Enfin... certains sont plus sexys que ce qui se fait aujourd’hui, peut-être. Mais la plupart sont simplement au goût du jour.»

Un businessman pragmatique

À l'écouter, si Chad Horstman vend des costumes sexys, c’est parce qu'il se contente de donner à ses clients ce qu’ils veulent. C'est un homme qui ne s'embarrasse pas d'éthique ni ne cherche à révolutionner le monde: il a d'ailleurs débuté sa carrière en vendant de la lingerie «parce que c’était l’objet commercial le plus recherché sur internet», selon ses dires. 

Les commerçants sont souvent des gens très pragmatiques, et parce qu’ils sont obligés de s’adapter à la demande des clients, ils nous disent quelque chose sur notre époque. Ils nous mettent sous le nez le fumet que nous refusons de sentir, l'évidence que nous ne souhaitons pas voir. Mais ils contribuent aussi à créer cette réalité, et c'est là toute l'ambiguité.

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