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Autour de Fukushima, les cas de cancer de la thyroïde se mutiplient chez les enfants

Des fonctionnaires japonais vérifient le taux de radiation sur des enfants près de Fukushima le 13 mars 2011. | REUTEURS/Kiù Kyung-Hoon

Des fonctionnaires japonais vérifient le taux de radiation sur des enfants près de Fukushima le 13 mars 2011. | REUTEURS/Kiù Kyung-Hoon

Pour le gouvernement japonais, il s'agit surtout d'un effet de loupe.

Alors que les autorités nippones assurent que les risques de contamination autour de Fukushima ont quasiment disparu et qu’ils réinstallent même des habitants près de la centrale, une récente étude publiée dans le journal médical Epidemiology pourrait leur donner des sueurs froides. 

D'après les résultats, les enfants vivant à proximité de la catastrophe nucléaire auraient 20 à 50 fois plus de risques de souffrir d’un cancer de la glande thyroïde, rapporte Big Story, filiale d’Associated Press. Le gouvernement se défend en expliquant que le résultat serait lié à un effet de loupe. Les tests effectués dans la zone seraient ainsi plus poussés et plus systématiques qu'ailleurs, ce que les scientifiques réfutent. 

«C'est plus que prévu»

Depuis le tsunami du 11 mars 2011, la majorité des 370.000 enfants habitant dans la préfecture de Fukushima ont été soumis à des examens ultrasoniques. Un cancer a été détecté chez 137 d’entre eux, dont 25 nouveaux cas depuis l’année dernière. «C’est plus que prévu et ça arrive plus vite que prévu», affirme le principal auteur de l’étude Toshihide Tsuda. 

Ailleurs dans le monde, seul un enfant sur un ou deux millions est atteint de ce cancer. En 1986, les médecins avaient réussi à trouver un lien direct entre les radiations et le nombre de cancer de la thyroïde chez les enfants, après la catastrophe de Tchernobyl.

Les scientifiques partagés

La communauté scientifiques, néanmoins, est partagée sur les conclusions du professeur Tsuda. Scott Davis, professeur au département d’épidémiologie de l’école de santé publique de Seattle, estime par exemple que le manque de données individuelles empêche l’estimation réelle des conséquences des radiations. Il se retrouve plus dans les conclusions de l’Organisation mondiale de la santé, avançant que le nombre de cancers devrait rester stable. 

En revanche, pour David J. Brenner, professeur de radiation biophysique au centre médical de l’université de Columbia, le taux de cancer décelé n’est «pas dû au dépistage. Il est réel». Une chose est sûre, lorsqu’il est détecté à temps, le cancer de la thyroïde n’est que très rarement mortel.

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