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Les éléphants meurent peu du cancer (et maintenant on sait pourquoi)

Un bébé éléphant en Thaïlande le 15 septembre 2015 (REUTERS/Jorge Silva)

Un bébé éléphant en Thaïlande le 15 septembre 2015 (REUTERS/Jorge Silva)

Des scientifiques ont découvert comment le mammifère parvenait à endiguer les cellules endommagées. De quoi peut-être faire avancer la recherche contre la maladie.

Les éléphants ont environ cent fois plus de cellules que les humains et une longue espérance de vie, deux particularités qui font qu'ils devraient fréquemment développer des cancers. Ce n'est pourtant pas le cas: environ 4,8% des morts d'éléphants sont liées au cancer, contre 11% à 25% chez les humains. Pour décrire cette situation, les biologistes parlent de paradoxe de Peto (du nom de Richard Peto, qui l'a découvert).

Un groupe de scientifiques de plusieurs universités américaines vient de publier une étude qui explique les raisons de ce paradoxe, rapporte le Los Angeles Times. Dans un article du Journal of the American Medical Association, Joshua Schiffman et ses collègues expliquent que ces mammifères possèdent vingt copies du gène TP53, qui crée une protéine capable de supprimer les tumeurs, alors que les humains n'en possèdent qu'un.

Auto-destruction

Pendant trois ans, certains des auteurs de l'article ont mené plusieurs expériences pour comprendre comment les copies supplémentaires du gène TP53 aidaient les éléphants à résister au cancer. Ils ont prélevé des globules blancs d'éléphants et d'humains et les ont exposés à des radiations qui endommageaient l'ADN. Chez les éléphants, les cellules abîmées s'auto-détruisaient plus vite que chez les humains. Une des stratégies du gène TP53 est en effet de faire en sorte que les cellules endommagées se suicident plutôt que de produire des mutations potentiellement dangereuses.

«Si vous tuez une cellule endommagée, elle disparaît, et elle ne peut pas devenir cancéreuse. C'est probablement une approche plus efficace pour prévenir le cancer, plutôt que d'essayer d'empêcher une cellule de se diviser ou d'essayer de la réparer», écrit le Dr. Schiffman.

De nouvelles pistes pour l'homme

Les chercheurs ont aussi trouvé que lorsque ces gènes étaient activés dans des souris, celles-ci développaient la même résistance au cancer que les éléphants.

Interviewé par le Los Angeles Times, Dr. Schiffman a expliqué qu'une possibilité serait de créer un médicament qui reproduise l'action du gène TP53, ou alors d'insérer plus de gènes TP53 dans les cellules précancéreuses.

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