Culture / Monde

L'équipe de débat de Harvard vaincue par une équipe de détenus

Temps de lecture : 2 min

Bénéficiant d’un programme permettant à des prisonniers de suivre des études, les détenus ont défendu une position sur l’accès à l’éducation à laquelle les étudiants de la prestigieuse université du Massachusetts ne s’attendaient pas.

Winner | Kreg Steppe via Flickr CC License by
Winner | Kreg Steppe via Flickr CC License by

Trois détenus incarcérés dans une prison de haute sécurité de l'État de New York viennent de remporter un tournoi de débat contre des étudiants de Harvard, rapporte le Wall Street Journal. Les détenus font partie de la Bard Prison Initiative, un programme créé en 2001 par l'université de Bard, et qui a déjà offert des études à près de 300 prisonniers sélectionnés sur dossier et entretien. En moyenne, dix détenus envoient leur candidature pour une place.

Le débat, qui a duré une heure, portait sur l'affirmation «les écoles publiques américaines devraient avoir le droit de refuser d'admettre les élèves sans papiers».

Approche originale

L'équipe de détenus a gagné contre Harvard en défendant cette position, avec laquelle ils n'étaient pourtant pas d'accord. Carlos Polanco, en prison pour homicide involontaire, expliquait après le débat qu'il ne voudrait jamais empêcher un enfant d'aller à l'école, d'autant plus qu'il était particulièrement reconnaissant de pouvoir lui-même être éduqué en prison.

Pour défendre cette position, Polanco et ses deux collègues ont argué que les écoles qui accueillaient les enfants sans papiers étaient tellement mauvaises et surchargées qu'elles n'avaient même plus vraiment vocation à éduquer les jeunes, seulement à les entreposer. Or, si ces écoles avaient la possibilité de refuser les jeunes, alors des associations et des écoles plus riches pourraient mieux les éduquer.

Cette approche originale a pris les jeunes de Harvard par surprise. L'équipe de détenus a commencé à participer aux tournois en 2014 et déjà gagné une fois contre la prestigieuse académie miltaire de West Point.

Taux de récidive

Pour se préparer aux débats, le Wall Street Journal précise que les détenus n'ont pas le droit d'utiliser internet et leurs demandes de livres et articles doivent être approuvées par l'administration pénitentiaire.

Selon les directeurs du programme éducatif, moins de 2% des détenus qui ont fait leurs études avec l'université de Bard retournent en prison dans les trois ans suivant leur libération, alors que, dans l'État de New York, la moyenne est de 40%.

Le gouverneur de l'État, Andrew Cuomo, avait tenté de faire financer d'autres programmes similaires dans les prisons, mais a fait marche arrière après les violentes critiques de députés républicains qui trouvaient scandaleux qu'on offre une éducation à des prisonniers alors que tant d'Américains n'ont pas les moyens de payer leurs études.

Slate.fr

Newsletters

Le voguing, grand absent de la série «Pose»

Le voguing, grand absent de la série «Pose»

En dépit de son succès critique, la série diffusée actuellement sur Canal+ passe à côté de son sujet.

Pour prendre conscience du talent d'Aretha Franklin, il faut écouter «One Step Ahead»

Pour prendre conscience du talent d'Aretha Franklin, il faut écouter «One Step Ahead»

Depuis l’annonce de sa mort, les tubes de la chanteuse tournent en boucle. Superbes, certes, mais pas autant que «One Step Ahead», chanson qui résume parfaitement cette facette intimiste moins connue de la reine de la soul.

L'esthétique des laveries automatiques londoniennes

L'esthétique des laveries automatiques londoniennes

Joshua Blackburn adore les laveries automatiques. De là lui est venue l'idée du projet Coinop_London: dresser le portrait de Londres à travers ses laveries. «J'aime l'idée de se concentrer sur une petite tranche de la vie urbaine pour voir ce...

Newsletters