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Peeple ne va garder que les notes positives, et c’est tout le problème

Impression écran du site Peeple.

Impression écran du site Peeple.

Après avoir créé une polémique, l’application Peeple a changé de bord en décidant de ne permettre que les notes et les commentaires positifs.

L’indignation était totale. Quand le Washington Post a publié son article sur Peeple, une application qui permettra à n’importe qui de donner une note à autrui, les réactions ont été virulentes à l’encontre de ses deux créatrices, Julia Cordray et Nicole McCullough. On leur a reproché de donner la possibilité aux utilisateurs de juger et rabaisser tout le monde et de créer une échelle de valeur destructrice.

En quelques heures à peine, elles ont subi elles-mêmes ce que leur application promettait de pire: un lynchage en règle sur internet.

Quelques jours plus tard, le 4 octobre, changement radical chez Peeple. La PDG et cofondatrice Julia Cordray publie une tribune sur le réseau social LinkedIn pour défendre son application et affirmer que l’image que l’on s’en fait était fausse. «Il y a une chose que je dois vous dire: cela a toujours été une application positive», affirme-t-elle avant d’ajouter qu’elle et son équipe veulent «apporter du positivisme et de la gentillesse dans le monde».

Elle écrit ensuite que personne ne se retrouvera sur l’application sans le vouloir, et qu’il n’y a aucun moyen de publier des commentaires négatifs, l’utilisateur pouvant invalider si besoin tout commentaire qui sera fait sur lui.

Bisounours et flatterie feinte

Peeple ne serait donc pas un moyen de nourrir les trolls d’internet mais une main tendue de Bisounours avides de câlins.

Loin d’être rassurant, ce revirement inquiète profondément Slate.com, qui explique que le vrai danger de l’application est toujours là, et qu’il s’agit du «positivisme vide». Jacob Brogan, après avoir rappelé la volonté de Facebook de mettre un dislike d’empathie, et donc de valoriser le positivisme, explique que Peeple risque de pousser les gens à sombrer dans la flatterie feinte. Chose qui, selon lui, est encore plus terrible que la critique:

«Je ne crains pas que cela nous rende plus méchants. J’ai peur en revanche que cela ne fasse de nous des êtres encore plus lustrés et brillant d’un éclat totalement artificiel.»

En 2013, le site Forbes prévenait déjà des dangers de la pensée trop positive. En observant les grands «gourous» de l’industrie technologique, qui ne font que diffuser des messages au positivisme extrême, des psychologues ont découvert que tenter de compenser le négativisme par un excès de bons sentiments n’était pas la solution. «La réponse ne consiste pas à passer tout notre temps à chasser et à tuer les peurs une à une, écrit Forbes, il faut s’élever au dessus de la négativité en reconnaissant que, bonne ou mauvaise, nos valeurs nous donnent plus de force que n’importe quelle pensée positive.» Si Peeple veut réussir, ce que peu de gens lui souhaitent, l’application devra accepter le négativisme, que ce soit entre ses utilisateurs, ou contre ses créatrices.

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