Économie

Les villes américaines gagneraient à être plus peuplées

Temps de lecture : 2 min

Les avantages à tirer de la construction de nouveaux logements ou de la libération de logements vacants sont nombreux selon les économistes.

City skyline | OTA Photos via Flickr CC License by
City skyline | OTA Photos via Flickr CC License by

La capacité d’accueillir de nouveaux arrivants et les difficultés matérielles posées par cette problématique n’inquiètent pas seulement les Européens. En effet, un article du Washington Post s’insurge contre les tenants d’une Amérique aux villes déjà trop remplies pour absorber de nouvelles populations. Le journal assure que les densités urbaines américaines sont, au contraire, faibles au regard du reste du monde industrialisé et semblent une invitation à attirer de nouveaux habitants. Prétendre qu’un territoire est arrivé à saturation au niveau des concentrations humaines qu’il supporte n’aurait rien de scientifique. «Ce n’est pas de la physique, c’est de la politique déguisée en physique», affirme le quotidien.

Les avantages à tirer de la construction de nouveaux logements ou de la libération de logements vacants sont pourtant nombreux selon les économistes. Plus une population est forte, plus elle justifie et finance des équipements (musées, stades, bibliothèques, etc.). Elle permettrait aussi de faire des économies d’énergie grâce à la construction d’immeubles plutôt que de maisons individuelles. Plus largement, les choses sont assez simples pour l’auteur de l’article: «Peuplez davantage votre ville, et son économie sera prospère.»

Le bouleversement des années 1970

Certaines grandes villes américaines pourraient aisément faire de la place pour de nouveaux arrivants. On donne l’exemple de Los Angeles, qui, en remplaçant tous ses lotissements par des immeubles pouvant héberger quatre foyers, dégagerait 2 millions de places supplémentaires.

Les problèmes liés à l’augmentation des populations urbaines sont donc pures vues de l’esprit? Pas tout fait, car l’article ne nie pas les risques de saturations du trafic et de pollution.

Mais l’essentiel n’est pas là. L’obstacle à cette reconfiguration de l’urbanisme actuel tient à la manière qu’ont les Américains de concevoir la propriété depuis les années 1970 et ses vaches maigres. Conçue depuis lors avant tout comme un investissement familial, la maison apparaît comme une garantie de stabilité et de sécurité financière. Autant de garanties qui ont lié les gens aux intérêts de leur pâté de maisons et les ont conduits à voir des risques d’engorgements et de dégradation de leur mode de vie derrière les projets de construction des dernières décennies.

Slate.fr

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