Culture

Vos goûts musicaux en disent long sur vous

Temps de lecture : 2 min

Des études analysent les implications culturelles de notre rejet de certains morceaux et de notre adhésion à d'autres.

À l’écoute | Charles Hoffman via Flickr CC License by
À l’écoute | Charles Hoffman via Flickr CC License by

«I love rock’n’roll, so put another dime in the juke box baby», chantaient Joan Jett et ses Black Hearts en 1982. Visiblement, ce genre de profession de foi, de déclaration d’amour ou de haine à un genre musical en dit long sur notre personnalité, selon une étude sur l'évolution des goûts musicaux des Américains relayée par Pacific Standard.

Pour leurs travaux, ils se sont appuyés sur une précédente étude, réalisée en 1993, lors de laquelle on avait demandé à 1.600 personnes s’ils aimaient, n’aimaient pas ou nourrissaient des sentiments mitigés à l’égard de tel ou tel style de musique. Même principe pour l’étude d’Omar Lizardo et Sara Skiles, à ceci près que le panel a été élargi et est passé à 2.250 individus.

Plébiscite du hip-hop

Les réponses ont révélé ainsi qu’à présent (le questionnaire a circulé en 2012) on ne trouvait plus qu’un jeune sur cinq pour rejeter le rap. Ce plébiscite du hip-hop s’explique par l’adhésion massive des jeunes les plus instruits: selon les auteurs, ce ralliement des jeunes diplômés marquent une volonté de se démarquer des élites des générations précédentes. Ils seraient en revanche de plus en plus nombreux à s’écarter du jazz comme de la musique classique. Cette dernière a vu ses détracteurs dans ce petit milieu passer de 8% à 15%. L’étude remarque pourtant que la popularité de la musique classique est en hausse généralement et qu'elle semble être de moins en moins vue comme l’apanage du «grand monde».

«La probabilité d’être rejeté par les individus a baissé pour sept genres musicaux comme la musique classique, le jazz, l’opéra, la musique latino, le rap, le rock et le métal. Elle a augmenté pour quatre d’entre eux: la country bluegrass, la folk, la musique religieuse et le gospel», observent les chercheurs, pour qui ce sont les styles vus comme sudistes, et relevant du système de croyances et de convictions associé au Sud, qui sont aujourd’hui rejetés en Amérique.

Systématiques vs empathiques

Des scientifiques, menés par David Greenberg, de l’université de Cambridge, faisaient parler d’eux cet été pour une étude similaire. Les savants ont fait répondre plus de 4.000 personnes à un double questionnaire: après une interrogation de personnalité, les volontaires écoutaient une série de cinquante chansons (sous la forme d’extraits de quinze secondes). Les experts, ensuite, ont exploré les possibles recoupements des deux questionnaires.

Cette démarche leur a permis d’établir deux groupes: les individus de nature empathique, et les individus systématiques. Les premiers, sentimentaux, aimeraient le classic rock mélancolique, le R’n’B, la folk pour leurs thèmes plus doux et leurs mélodies parfois plaintives et lentes. Tout l’opposé des personnes systématiques, qui accordent plus d’importance aux règles dans la vie et sont plus structurés dans leur manière de penser, qui se porteront elles vers des mouvements plus tranchés, comme le hard rock, le métal ou certains morceaux classiques particulièrement enlevés.

Vous comprenez peut-être mieux comment votre patron au sourire crispé a pu être punk dans sa jeunesse.

Slate.fr

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