Sciences

Pourquoi nos prévisions météo ne sont pas si mauvaises

Temps de lecture : 2 min

Pointés du doigt pour n’avoir pas anticipé les inondations de ce week-end dans le Var, les prévisionnistes se défendent.

Les inondations à Mandelieu le 4 octobre | REUTEURS/Eric Gaillard
Les inondations à Mandelieu le 4 octobre | REUTEURS/Eric Gaillard

Alors que le bilan, encore provisoire, des inondations qui ont touché la Côte d’Azur dans la nuit du 3 au 4 octobre fait actuellement état de 20 morts, les prévisionnistes et météorologues sont sur le banc des accusés. Ne pouvaient-ils pas éviter la catastrophe en instaurant la vigilance rouge plus tôt? La violence de cet épisode orageux n’était-elle pas prévisible?

Pascal Brovelli, directeur adjoint de la direction des opérations pour la prévision à Météo France, expliquait au Monde la difficulté de prévision de ce genre d’intempéries :

«En l’état de nos systèmes, nous ne sommes pas en mesure d’annoncer une telle ampleur et de la localiser de manière aussi précise. Nous avions prévu des cumuls d’eau de 40 à 60 mm sur une heure, or, les précipitations ont été deux fois plus abondantes. Le phénomène a été d’une rare violence. À la vitesse où cela s’est développé, déclencher la vigilance rouge à 20 heures, au moment où nous avons pris conscience de la réelle intensité et violence du phénomène, n’aurait pas permis d’alerter les services et les populations dans des délais suffisants.»

Bien que la région du Var soit placée en zone inondable et qu’elle connaisse régulièrement des inondations, comme celles de 2010, il est difficile de tout prévoir. Nicolas Bauduceau, directeur technique et scientifique du Centre Européen de Prévention du Risque d’Inondation, explique pour Slate.fr la complexité d’anticipation de ce genre d’épisode:

«Les zones à risque sont définies par la présence de cours d’eau ou la proximité avec la mer. On place les zones où les inondations sont fréquentes en “zone à risque” et des logiciels de modélisation peuvent permettre de faire monter le cours de fleuves ou autres rivières artificiellement, pour se rendre compte des “zones potentiellement à risque. Cependant, tout n’est pas prévisible et il est évidemment possible que des inondations se produisent dans des zones qui ne sont pas considérées comme dangereuses. Le phénomène de ruissellement par exemple est très difficile à anticiper. Il faut pouvoir tracer par avance le cheminement d’une goutte d’eau pour évaluer le risque. Une simple bouche d’égout bloquée par un amas de feuilles par exemple peut modifier tout ce qui avait été anticipé.»

Un système envié Outre-Atlantique

Malgré quelques failles, le système météorologique européen reste jalousé aux États-Unis. Le magazine Popular Science rapporte l’exemple de l’ouragan Joaquin qui a touché l’est des États-Unis, le 4 octobre dernier: «Prenez l'ouragan Joaquin. Les modèles américains avaient initialement prévu que la tempête se dirigerait vers divers endroits le long de la côte Est, alors que le modèle européen avait prédit un virage vers l'est. Il semble que les Européens ont eu raison.»

En janvier dernier, le New York Times vantait également les systèmes météorologiques européens. Ils avaient prévu la faible intensité de la tempête de neige Juno alors que plusieurs État avaient ordonné l’état d’urgence entraînant notamment la paralysie de New York.

Slate.fr

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