Les bienfaits de l’activité physique bientôt reproduits en pilule?

Salle de fitness à Dublin / NACDublin via Wikimédia License by

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Des scientifiques ont listé les changements moléculaires provoqués par l’activité sportive dans les muscles. Leur objectif: mettre au point un médicament qui les reproduisent.

Beaucoup d’entre nous ont certainement eu cette phrase en tête lors d’une séance de fitness dans une salle de gym: «Pourquoi je fais ça? Pourquoi je m’impose ça?» La souffrance éprouvée par votre corps en vaut-elle vraiment la peine?

La réponse est oui, évidemment: l’exercice physique vous garde en bonne santé, c’est un fait. Mais imaginez un instant que vous pourriez prendre soin de votre corps sans faire le moindre effort. Une nouvelle étude menée par une équipe de chercheurs australiens et danois pourrait en effet transformer ce qui jusqu’alors relevait du fantasme absolu en réalité.

Publiés dans le journal Cell Metabolism, les résultats de leur étude montrent que l’exercice physique provoque 1.000 changements moléculaires dans les muscles squelettiques, que les scientifiques ont pu lister. Pour réaliser cette carte, les deux équipes des universités de Sydney et Copenhague ont analysé les changements protéiniques dans les tissus musculaires squelettiques de quatre patients après un exercice physique de dix minutes.

Changements biologiques

Sur le site Quartz, qui relaie l’étude, le docteur Nolan Hoffman explique que le but de ce recensement est d’identifier les changements importants de notre corps pour pouvoir les reproduire grâce à des médicaments:

«Nous avons réalisé une esquisse de cette activité qui jettera les bases des futurs traitements, le but final étant de reproduire les effets de l’exercice physique. Nous savons depuis longtemps qu’il existe beaucoup de signaux suscités par l’exercice, mais nous étions les premiers à créer cette carte et nous connaissons désormais leur complexité.»

Étant donné le nombre important d’effets, «les chercheurs devront identifier les changements biologiques les plus signifiants avant de pouvoir commencer à créer un médicament», explique Quartz. À terme, les chercheurs espèrent proposer des traitements contre l’obésité, le diabète ou les maladies cardiovasculaires.

Sur le site du Sydney Morning Herald Tribune, le professeur David James, autre co-auteur de la recherche, explique qu’un tel médicament s’adresserait avant tout aux personnes dans l’incapacité de fournir un effort physique suffisant. «Si nous pouvions convaincre les gens de faire plus d’exercice physique, cela leur serait bénéfique, mais nous devons penser à des [traitements alternatifs], spécialement pour les gens les plus fragiles.»

En revanche, il faudra être patient: aucun produit ne sera proposé avant une bonne dizaine d’années. Inutile donc pour l’instant de déchirer sa carte d’abonnement au club de gym du quartier. 

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