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La photo qui symbolise la crise chez Air France

Xavier Broseta, le DRH d'Air France évacué du CCE de l'entreprise par des garde du corps, le lundi 5 octobre. Reuters / Jacky Naegelen

Xavier Broseta, le DRH d'Air France évacué du CCE de l'entreprise par des garde du corps, le lundi 5 octobre. Reuters / Jacky Naegelen

Xavier Broseta, DRH d’Air France, a dû être évacué du comité central d’entreprise après une violente irruption de manifestants.

L’ambiance était tendue à Roissy, au siège d’Air France; elle est vite devenue violente. Au cœur de la colère syndicale, 2.900 emplois menacés, principalement au sol.

Alors que l’aviateur tenait un comité central d’entreprise pour statuer sur ce plan de restructuration de la compagnie, «plusieurs centaines» de manifestants se sont introduits dans la salle pour s’adresser au PDG d’Air France en criant «De Juniac démission», si l’on en croit l’AFP. Des pancartes indiquaient également «Le plan D? Démission de la direction» ou «Valls arbitre vendu!» pendant que d’autres criaient «Direction irresponsable» ou encore «ras-le-bol d'être mis les uns contre les autres».

Mais l’image que l’on retiendra est celle du DRH de l’entreprise, Xavier Broseta, qui a dû être évacué par des gardes du corps. Sur plusieurs images, on peut le voir chemise arrachée, cravate pendante. Il a même dû escalader des barrières pour se sauver.

 

 

La presse anglo-saxonne s'est vite emparée de ces images, à grand renfort de titres chocs, mais aussi de quelques clichés sur la «culture» de la grève et des manifestations en France. Politico a titré «Les patrons d'Air France ont eu chaud (et froid)» et Mic propose à son lectorat de regarder «des centaines d'employés d'Air France en colère arracher les chemises de leurs patrons», un nombre quelque peu exagéré. Le prestigieux New York Times écrit que «la manifestation de lundi était le dernier exemple en date d'une série d'incidents en France où les employés ont retenu en otages des patrons ou ont endommagé des biens pour faire passer leurs idées». Et Reuters, la grande agence anglaise, explique de son côté que «les manifestations violentes sont banales en France, où la population a une longue tradition de prise à bras-le-corps de la législation. Cette année, alors que le pays lutte pour sortir de la crise, en a vu beaucoup». Rien que ça.

Échec aggravé

Dans un communiqué publié à la suite des incidents, Air France a annoncé un dépôt de plainte:

«Ces violences sont le fait d'individus isolés particulièrement violents, alors même que la manifestation des personnels grévistes se déroulait jusqu'alors dans le calme. Une plainte sera déposée pour violences aggravées.»

L’homme, que Stratégies présentait en 2014 comme le «DRH qui transforme Air France sans turbulences», a commencé sa difficile mission d’aider Air France-KLM à remonter la pente en 2011. Quatre ans après, la violence de ces images témoigne de l’échec de la direction à endiguer la crise économique dont elle souffre depuis de nombreuses années.

Ce nouveau «plan B», discuté lors du CCE, doit pallier l’échec des négociations autour du plan «Perform 2020». Désormais,  c’est l’austérité qui est de mise: la compagnie prévoit de réduire sa flotte de longs courriers dans les années qui viennent, et 300 pilotes, 900 hôtesses et stewards et 1.700 personnels au sol pourraient subir des départs forcés.

De son côté, Xavier Broseta devrait bientôt être remplacé. Sur Twitter, la journaliste Fanny Guinochet rappelait que l'actuel DRH devrait remplacé par Gilles Gateau, actuellement directeur de cabinet de Manuel Valls.

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