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Violentes intempéries sur la Côte d’Azur: ce qui tue, c’est l’urbanisation

Voiture abandonnée dans une rue emplie de boue au lendemain d'inondations meurtrières à Cannes, le 4 octobre 2015 | REUTERS/Eric Gaillard

Voiture abandonnée dans une rue emplie de boue au lendemain d'inondations meurtrières à Cannes, le 4 octobre 2015 | REUTERS/Eric Gaillard

Si le bilan des pluies exceptionnelles qui se sont abattues dans les Alpes-Maritimes dans la nuit du 3 au 4 octobre est si lourd, c’est surtout à cause de l’urbanisation dense de cette région.

Dans la nuit de ce samedi 3 au dimanche 4 octobre, ce sont des trombes d’eau qui sont tombées sur la Côte d’Azur. Le bilan, encore provisoire, de ces intempéries meurtrières est élevé: seize personnes sont mortes, cinq sont portées disparues et la préfecture annoncé que l’espoir de les retrouver vivantes était «limité».

Le risque de forts orages en cette saison est connu. Sur le site de l’Observatoire français des tornades et orages violents, il est ainsi écrit que «la journée du 3 octobre compte parmi les jours à risque orageux marqué sur la France, […] avec une probabilité d’orage sévère de 27%». Mais surtout, ce qui est noté et pointé du doigt par les météorologues interviewés par différents médias, c’est l’impact de l’urbanisation. Notre aménagement urbain n’est pas du tout adapté à une montée brutale des eaux.

Trop-plein

Frédéric Decker, météorologue à MeteoNews, explique ainsi aux Dernières Nouvelles d’Alsace que la densité des zones urbaines est «un facteur aggravant» en ce que «la pluie n’a pas pénétré le sol, a ruisselé sur le bitume». Guillaume Séchet, fondateur des sites Météo Villes, ajoute auprès de nos confrères de La Croix qu’«il y a fort à parier que le même orage à Monaco aurait fait moins de dégâts, car leur réseau [d’assainissement] est plus performant». Au micro d’Europe 1, Magali Reghezza-Zitt, géographe spécialiste de l'Environnement et des villes, fait le même constat:

«Ces inondations sont les conséquences directes de l'urbanisation du littoral français. À un moment, les canalisations ne sont plus capables d'absorber le trop-plein d'eau et ça déborde.»

Une analyse qui est loin d’être nouvelle. En 2012, un rapport sénatorial s’était penché sur deux épisodes rapprochés de crues dans le Var. Ses auteurs concluaient que, «à strictement parler, les inondations et leurs conséquences ne sont pas des catastrophes “naturelles. En effet, si le fait déclencheur est bien un phénomène météorologique, parfois hors norme [...], il s'applique à un territoire de longue date remodelé par l'homme, ce qui en diminue ou en aggrave les conséquences».

Sur le site de francetvinfo, un internaute a demandé si l’on devait «s’attendre à une révision des règles d’aménagement du territoire pour pouvoir faire face aux inondations et aux fortes pluies». Le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, a répondu à cette question sur France Info: il n’est pas encore dans cette optique-là.

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