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À eux seuls, ces graphiques résument le problème des armes aux États-Unis

Pistolets en vente dans le magasin d'armes de Roseburg, dans l'Oregon, le 3 octobre 2015 | REUTERS/Lucy Nicholson

Pistolets en vente dans le magasin d'armes de Roseburg, dans l'Oregon, le 3 octobre 2015 | REUTERS/Lucy Nicholson

La fusillade dans l’Oregon du 1er octobre a relancé le débat sur le contrôle des armes à feu outre-Atlantique.

Aux États-Unis, il y a eu depuis le début de l’année 2015 plus d’une fusillade par jour. Après la fusillade sur le campus de l’Umpqua Community College, à Roseburg, dans l’Oregon, qui a fait neuf victimes, la question de la régulation de la vente et du port d’armes revient sur le tapis –comme après chaque tuerie d’ampleur. Même le président a donné de la voix (il avait déjà avoué en juillet à la BBC sa frustration de n’avoir pas pu mettre en place une législation plus restrictive). À l’inverse, pour le candidat à la primaire républicaine Jeb Bush, les fusillades «sont des choses qui arrivent» et l’émotion ne doit pas donner lieu à un contrôle plus strict des armes. Pourtant, plus la loi encadre le port d’armes, plus les homicides et suicides se font rares. C’est ce qu’a résumé en deux graphiques le journaliste de Slate.com Chris Kirk.

Reprenant d’abord un graphe créé par le professeur de sociologie Kieran Healy (reproduit ci-dessous  avec son accord), il montre comment les États-Unis remportent la palme du pays de l’OCDE le plus violent.

Les décès par agression (y compris ceux qui ne sont pas dus à une arme à feu) sont trois fois plus élevés outre-Atlantique. Il suffit d’un coup d’œil pour s’en apercevoir. Et (serait-ce un hasard?), les autres pays ont presque tous une législation plus stricte concernant les armes à feu.

Morts par balle

«Qu’est-ce qui explique cette violence des États-Unis? Sommes-nous plus fous que les Japonais? Ou est-ce que nous aimons davantage nous entretuer que les Australiens?» interpelle le journaliste, en mentionnant un des arguments favoris du lobby pro-armes, qui est de rejeter la responsabilité sur la «folie» des tueurs plutôt que sur la facilité à se procurer une arme. Avant de ponctuer par cette question rhétorique: «Serait-il possible que ce soit parce qu’il y a plus de pistolets par personne ici que dans n’importe lequel de ces pays?»

Plutôt que de laisser cette interrogation en suspens, Chris Kirk revient à la charge dans un second article, illustré lui aussi par un graphique frappant, qui reprend les données du Law Center to Prevent Gun Violence. On y voit la relation sur le territoire américain, suivant les États, entre l’existence de lois renforçant le contrôle des armes à feu et le nombre de morts par balle. 

En ordonnées, le taux de morts par balle; en abscisses, le niveau de contrôle des armes à feu (très fort en bleu, très faible en rouge). Chaque point représente un État américain | Slate.com

Par exemple, dans le Wyoming (WY, en haut à gauche en rouge), la législation est souple et les morts nombreux, tandis qu’au Massachusetts (MA, en bas à droite en bleu) le contrôle est strict et les homicides par balle rares. Le dégradé de couleur et la pente descendante qu’il suit parlent d’eux-mêmes: le contrôle des armes à feu a toute sa place dans une politique de prévention de la mortalité par balle.

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