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25 ans après la Réunification, que reste-t-il de l'ex-RDA?

 Ampelmännchen |sfreimark via Flickr License by

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La politique de l'ex-Allemagne de l'Est sur les crèches et les polycliniques a inspiré le pays, mais longtemps après la Réunification.

Il n'y a pas que l'Ampelmann, ce célèbre petit bonhomme qui orne les feux piétons dans les villes de l'Est de l'Allemagne – et qu'on croise désormais de part et d'autre du tracé du Mur de Berlin dans la capitale allemande – qui a survécu à la Réunification de l'Allemagne, officiellement entérinée le 3 octobre 1990. À l'occasion du 25ème anniversaire de l'«unité allemande», comme on l'appelle ici, le quotidien berlinois Der Tagesspiegel liste tout ce qui constitue aujourd'hui en Allemagne l'héritage de la RDA.

1.Les polycliniques
Un renouveau depuis 2004

Les polycliniques, par exemple. Elles furent d'abord fermées les unes après les autres dans les années qui suivirent la Réunification car elles ne correspondaient pas à la conception libérale ouest-allemande de la médecine, où il était alors d'usage que les médecins exerçant une spécialité travaillent à leur compte, et non en tant que salariés dans un lieu regroupant des médecins exerçant différentes spécialités:

«Parmi les 5.248 polycliniques dans lesquelles étaient embauchés des médecins ayant une spécialités en novembre 1989, il n'en restait que 433 en 1992.»

Mais depuis 2004, les centres médicaux de l'Ouest de l'Allemagne peuvent désormais eux aussi embaucher des médecins exerçant différentes spécialités.

2.Les crèchesA l'Est elles étaient légion 

Les fameuses crèches et garderies allemandes, que l'on surnomme «Kita» (abréviation de «Kindertagesstätte») sont elles aussi un héritage de la RDA, rappelle le quotidien. En 1991, 54% des enfants âgés de moins trois ans avaient une place en crèche dans les Länder de l'Est, et il y avait même plus de places en garderie que d'enfants (114 places pour 100 enfants âgés de trois à six ans). À l'Ouest par contre, où aller travailler pour une mère n'était pas une évidence, il n'y avait à la même époque que 18 places en crèche pour 1.000 enfants et 80 places en garderie pour 100 enfants. La situation s'est aujourd'hui nettement améliorée : rien qu'entre 1990 et 2002, le nombre de places en crèches dans les Länder de l'Ouest est passé de 28.000 à 51.000. Mais d'après un article de l'hebdomadaire Der Spiegel, seul un tiers des enfants de moins de trois ans pouvaient obtenir une place en crèche au 1er mars 2014 à l'échelle du pays.

3.La «fête de la jeunesse»Une alternative athée aux cérémonies religieuses

Autre réminiscence de l'Allemagne de l'Est: la «Jungendweihe» ou «Jugendfeier», littéralement, la «fête de la jeunesse», qui a lieu généralement à l'âge de 14 ans et qui célèbre le passage de l'enfance à l'âge adulte. Ce rite de passage était une alternative athée aux cérémonies religieuses telles que la première communion ou la confirmation dans l'Allemagne communiste. Elle est aujourd'hui de plus en plus sollicitée chez les jeunes des Länder de l'Ouest qui ont grandi sans éducation religieuse:

«Rien que l'association Jugendweihe Deutschland e.V. a enregistré 36.307 participants dans toute l'Allemagne pour l'année 2014.»

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