Monde

C'est l'histoire sans fin d'un tueur médiatisé qui en inspire un autre (qui en inspire un autre...)

Temps de lecture : 2 min

L'auteur de la fusillade dans l'Oregon qui a fait au moins 9 morts faisait l'apologie il y a quelques semaines du passage à l'acte du journaliste Vester Flanagan et de son retentissement médiatique.

Colt Pyhton Stephen Z via Flickr CC License by
Colt Pyhton Stephen Z via Flickr CC License by

Les tueries qui ensanglantent régulièrement les États-Unis charrient leur lot d’énigmes psychologiques. La façon dont les assassins génèrent des émules en est une. Après le massacre de l’université Umpqua dans l’Oregon, la police s’intéresse aux activités informatiques du meurtrier présumé, explique The Daily Beast.

Dans un post de blog qui lui est attribué, il faisait l’apologie, il y a quelques semaines, de Vester Flanagan, le journaliste télé qui a assassiné deux anciens collègues avant de poster la vidéo sur les réseaux sociaux:

«J’ai remarqué que la plupart des gens comme lui sont isolés et inconnus, cependant quand ils répandent un peu de sang, le monde entier sait qui ils sont... Un homme connu de personne l’est à présent de tout le monde. Son visage s’étale sur tous les écrans, son nom court sur toutes les lèvres de la planète, tout ça à cause d’une seule journée. On a l’impression que plus on tue de gens, plus on se retrouve sous les feux de la rampe.»

Un effet domino

Vester Lee Flanagan avait dû se faire la même réflexion. Le journaliste avait écrit dans une lettre laissée derrière lui que la fusillade déclenchée par Dylann Roof dans une église de Charleston en juin avait été pour lui «la bascule» vers son propre passage à l’acte, rappelait le LA Times. Sauf que Dylann Roof avait lui-même puisé sa haine dans le comportement d’un autre personnage, en l’occurrence George Zimmerman, qui avait abattu Trayvon Martin à Sanford, en Floride, en février 2012.

Dans son manifeste raciste, Roof explique ainsi «ne pas avoir grandi dans un foyer ou un environnement empreint de racisme» mais avoir développé ces opinions avec la polémique entourant la mort de Martin. Le jeune homme s’était alors rendu sur le site du Council of Conservative Citizens (un mouvement prônant la suprématie blanche): «J’ai alors réalisé que quelque chose n’allait pas du tout», écrit-il dans son manifeste. Selon lui, il aurait découvert, à travers les actes de Zimmerman et le débat qui s’en est suivi que «les crimes perpétrés par les noirs sur les blancs étaient ignorés». À l’évidence, être ignoré, c’était bien ce que craignait le suspect du massacre d’Umpqua posant une nouvelle fois la question de la médiatisation de tels actes.

Slate.fr

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