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L'exécution qui pourrait précipiter l'abolition de la peine de mort aux États-Unis

Des manifestants anti-peine de mort le 15 septembre dernier (REUTERS/Nick Oxford)

Des manifestants anti-peine de mort le 15 septembre dernier (REUTERS/Nick Oxford)

La condamnation de Richard Glossip et les effets d'une injection létale contenant du midazolam font débat.

La semaine dernière, le juge conservateur de la Cour suprême Antonin Scalia a déclaré qu'il ne «serait pas surpris» que la peine de mort soit bientôt abolie aux États-Unis. Dans le dernier procès sur le sujet –Glossip v Gross– seuls 5 juges sur 9 ont défendu la constitutionnalité des exécutions par injection létale contenant du midazolam. Selon un article du New Yorker, certains écrits d'Anthony Kennedy, le juge qui pourrait faire la différence, suggèrent qu'il n'est pas impossible qu'il change d'avis. 

Un des plaignants dans ce procès tranché en juin dernier, Richard Glossip, devait être exécuté en Oklahoma le 30 septembre, mais la date a été repoussée au 6 novembre à la suite de doutes persistants sur le cocktail de drogues utilisé. En 2014, dans l'Oklahoma, un condamné était mort dans d'atroces souffrances après une injection ratée. Le New Yorker avance que si la peine de mort est bientôt abolie, le cas de Glossip sera un point de référence majeur. 

Toute l'accusation repose sur un témoignage

La condamnation de cet Américain aujourd'hui âgé de 52 ans est particulièrement problématique. Elle repose entièrement sur le témoignage du meurtrier Justin Sneed, un ancien collègue de Glossip qui l'accuse d'avoir commandité le meurtre de leur patron, Barry Von Treese. Le fait de plaider coupable et d'impliquer Glossip avait permis à Sneed de négocier la réclusion à perpétuité plutôt que la peine capitale. Les avocats de Glossip précisent que Sneed a donné huit versions différentes des faits.

Dans son opinion contre la constitutionnalité des injections létales par midazolam, le juge Stephen Breyer avait écrit quarante-et-une pages expliquant pourquoi la peine de mort devrait être considérée comme une violation du huitième amendement de la Constitution qui interdit les «punitions cruelles et inhabituelles.» Selon Breyer, l'application de la peine de mort aux États-Unis n'est pas fiable et trop arbitraire, et la condamnation de Richard Glossip semble illustrer ces critiques. 

Quatre autres affaires à trancher

D'après une étude de 2005 de l'université Northwestern, 51% des 111 détenus exonérés qui étaient dans le couloir de la mort avaient été condamnés sur la base de témoignages de personnes qui avaient intérêt à mentir, exactement comme Justin Sneed dans le cas de Glossip.

Pourtant, l'exécution de Glossip est maintenue pour le 6 novembre. Dans les mois à venir, la Cour suprême passera en revue quatre autres cas concernant la peine de mort et le huitième amendement, et tout dépendra de la prise de position d'Anthony Kennedy.

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