Sciences / Monde

Le cofondateur de Microsoft a deux idées pour créer un cerveau artificiel

Temps de lecture : 2 min

Le milliardaire Paul Allen a fait appel à un chercheur et à un neuroscientifique pour l'aider à améliorer notre compréhension de l'organe.

Brain | dierk schaefer via Flickr CC License by CC
Brain | dierk schaefer via Flickr CC License by CC

Paul Allen. Le nom de cet informaticien ne vous dit peut-être rien, mais c’est lui qui, en 1975, fonda Microsoft avec Bill Gates. Aujourd’hui assis sur une fortune estimée à près de 18 milliards de dollars, il entend réaliser un rêve d’enfant: créer un cerveau doté d’une intelligence artificielle.

Le Washington Post rapporte que pour ce faire, il entreprend deux projets en parallèle qu’il a confiés respectivement à un chercheur et à un neuroscientifique. Le premier consiste à créer un cerveau artificiel qui serait capable de passer un test de science de niveau lycée. Envisageable à première vue mais incorporer la notion de raisonnement et de réflexion serait plus compliqué à mettre en œuvre que la dernière version de Windows, qui compterait environ 50 millions de lignes de code. C’est dire.

«La dernière frontière du corps humain»

Le deuxième viserait à modéliser le cerveau, à le séquencer pour comprendre comment l’organe le plus mystérieux du corps humain fonctionne. Le quotidien américain compare ce projet à celui des hommes qui ont voulu voler au début des années 1900 :

« Il y avait ceux qui croyaient que le meilleur moyen serait de simuler les oiseaux, alors que d'autres, comme les frères Wright, construisaient des machines qui étaient très différentes des espèces qu’on pouvait observer dans la nature. Et on ne savait pas à l'époque lesquelles arriveraient à s’envoler en premier. »

L’objectif est donc le même :«la conquête de la dernière frontière du corps humain». Paul Allen, cité par le Washington Post, se veut pourtant rationnel sur son projet :«Je voudrais pouvoir dire que notre compréhension du cerveau est imminente, mais nous sommes probablement à une dizaine d'années de cela. Celle-ci est si élémentaire que nous ne savons pas comment le langage fonctionne dans le cerveau.»

Une menace pour l'humanité?

L’intelligence artificielle est aujourd’hui capable de résoudre des problèmes simples tels que pouvoir tracer un itinéraire de conduite en fonction des habitudes et des conditions de circulation, ou encore adapter la température de notre maison, mais peine à dépasser un enfant de 4 ans lors d’un test de QI standard. Capables de stocker des centaines de Gigaoctet d’information, nos ordinateurs se retrouvent bien souvent bloqués devant la simple question: «pourquoi ?» et peinent à assimiler la notion de réflexion.

Le développement d'une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à la race humaine

Stephen Hawking

Aussi noble l'engagement de Paul Allen soit-il, une telle avancée n'est-elle pas potentiellement dangereuse? Des ordinateurs capables de réfléchir ne pourraient-ils pas un jour se demander à quoi sert l’être humain? Dans un entretien à la BBC, l’astrophysicien Stephen Hawking prévenait :

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«Les formes primitives d'intelligence artificielle que nous avons déjà se sont montrées très utiles. Mais je pense que le développement d'une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à la race humaine.»

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