Partager cet article

L'Allemagne pourrait être de nouveau dans le viseur de la NSA si Hambourg accueillait les JO

Hambourg (REUTERS/Fabian Bimmer )

Hambourg (REUTERS/Fabian Bimmer )

La ville candidate à l'organisation des Jeux de 2024 se méfie du précédent grec de 2004.

Il n'y a pas que le portable d'Angela Merkel qui intéresse la NSA. En 2024, c'est la ville de Hambourg, candidate à l'organisation des JO d'été, et avec elle, l'Allemagne toute entière, qui pourraient se retrouver sur écoute. C'est ce que laissent supposer des documents secrets de l'agence de renseignement américaine révélés cette semaine, avance Der Spiegel. L'hebdomadaire allemand se réfère à une longue enquête mise en ligne sur The Intercept, un magazine en ligne américain spécialisé dans le journalisme d'investigation et qui s'est donné pour mission principale d'analyser les documents rendus publics par Edward Snowden.

Ces documents révèlent que lors des JO 2004 à Athènes, un vaste dispositif de surveillance a été déployé par la NSA en Grèce:

«Le dénommé Commercial Technologies Group a collecté des informations sur le type de technologies utilisées par les entreprises grecques pour répondre aux demandes supplémentaires liées aux Jeux. La CIA a mis à disposition des données sur les réseaux de téléphonie mobile grecs. Le département Special Source Operations, chargé de pirater les câbles de données, également en coopération avec les groupes de télécoms, a mis en place un “accès amélioré” aux réseaux de données et de téléphonie à Athènes.»

«Une fois que vous y avez accès, vous y avez accès»

Certes, la NSA a mené ces opérations avec l'aval du gouvernement grec et en coopération avec le service de renseignement EYP. À cette époque, trois ans seulement après les attentats du 11-Septembre, les autorités grecques redoutaient une attaque terroriste durant les Jeux. La NSA avait donc pour mission de «récolter des informations et informer l'EYP au sujet de possibles activités terroristes ou criminelles». Mais c'était trop faire confiance à la NSA, explique Der Spiegel:

«Ce qui n'était pas prévu à Athènes, c'était que les Américains venus installer des micros, des stations d'écoute et des logiciels d'espionnage les laissent également là où ils étaient quand ils sont repartis.»

Comme l'explique un ancien cadre haut placé de la NSA, sous couvert d'anonymat, au magazine The Intercept:

«Une fois que vous y avez accès, vous y avez accès. Si vous avez l'occasion d'installer des implants, c'est une occasion.»

La NSA en a donc profité pour surveiller après la tenue des JO les agissements du gouvernement grec, mettant sur écoute le premier ministre Kostas Karamanlis et sa femme, plusieurs ministres, mais également le maire d'Athènes et des journalistes. L'affaire avait éclaté au grand jour quelques mois plus tard et provoqué un scandale en Grèce, où une enquête avait été ouverte. The Intercept revient par ailleurs longuement sur les circonstances mystérieuses du suicide d'un employé grec de l'entreprise de téléphonie Vodafone, qui pourrait avoir un lien avec l'affaire.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte