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L’Europe subit les conséquences de l’affaire Volkswagen

Le chef de la négociation européenne Garcia   Bercero à une conférence avec son homologue américain Dan Mullaney le 17 juillet dernier | REUTERS/Francois Lenoir

Le chef de la négociation européenne Garcia Bercero à une conférence avec son homologue américain Dan Mullaney le 17 juillet dernier | REUTERS/Francois Lenoir

Empêtré dans le plus grand scandale de son histoire, le constructeur allemand fragilise la crédibilité de l’Europe entière.

La triche organisée pour réduire artificiellement le taux d’émissions de CO2 de 11 millions de véhicules ne fait pas du tort qu’à Volkswagen, ni même qu’à l’Allemagne. Brookings Institution nous apprend en effet aujourd’hui que les négociations en cours sur le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP) pourraient bien être impactées. L’Europe et les États-Unis travaillent laborieusement depuis maintenant deux ans pour parvenir à un accord de libre-échange mais le scandale affaiblirait considérablement les positions européennes. Les Européens pouvaient se targuer, jusqu’à il y a une semaine, d’avoir pour eux la morale et les préoccupations sanitaires et environnementales. Désormais…

De plus, bien que l’affaire ait été révélée par une ONG berlinoise, ce sont les États-Unis et leur agence nationale de l’environnement (l’EPA) qui ont médiatisé et fait connaître le scandale. Elle a notamment constaté la violation du «Clean Air Act», qui oblige tout vendeur de voiture outre-Atlantique à prouver la conformité des émissions de son véhicule, à travers une batterie de tests.

Comme pour la vache folle

Cette révélation souligne également une grande faiblesse de l’Union européenne et de sa Commission, capables d’instaurer un système réglementaire commun mais incapables de le faire appliquer, par peur d’ingérence. Brookings Insitution souligne la comparaison avec l’affaire de la vache folle, où des règles communes avaient été trouvées mais où les lobbies et les gouvernements nationaux avaient fini par l’emporter:

«Le plus flagrant est probablement le déclenchement de la maladie de la vache folle. Les autorités anglaises ont fermé les yeux sur les pratiques de l'industrie alimentaire locale, à savoir nourrir les bovins avec des protéines animales pour accélérer leur croissance. La Commission européenne n'a pu intervenir qu’après que les dommages sont devenus intolérablement élevés.»

Alors que ce sont justement les questions de réglementation qui empêchent actuellement l’obtention d’un accord, les pourparlers autour du TTIP devraient encore s’éterniser mais font indéniablement pencher la balance du côté de la présidence Obama.  

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