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Avec les langues régionales, François Hollande veut exposer les divisions de l'opposition

La charte européenne des langues régionales a été adoptée à l'Assemblée nationale en janvier 2014. REUTERS/Jacky Naegelen

La charte européenne des langues régionales a été adoptée à l'Assemblée nationale en janvier 2014. REUTERS/Jacky Naegelen

À l'approche des élections, le gouvernement compte utiliser la charte des langues régionales pour exposer les divisions de la droite.

À quelques mois des élections régionales, les langues régionales feront-elles le bonheur de François Hollande? Après l'adoption par l'Assemblée nationale du projet de loi constitutionnelle autorisant la ratification de la charte européenne des langues régionales, le texte va être soumis au vote du Sénat, le 27 octobre, où il pourrait être également adopté, et ce malgré les réticences d'une partie des sénateurs de la majorité de droite qui n'ont pas l'intention de voter pour.

Selon Le Canard Enchaîné, si la charte parvenait à être votée par les deux chambres du Parlement, la prochaine étape qu'envisagerait François Hollande serait la convocation du Congrès en 2016 –une réunion à Versailles de l'Assemblée nationale et du Sénat, les deux chambres du Parlement–n où il espère une validation de cette promesse de campagne. Même si l'issue du vote est encore incertaine, la manœuvre politique est réfléchie. Derrière cette gymnastique juridique, l'objectif de François Hollande est de mettre en avant les divisions de l'opposition avant les élections régionales, explique Le Canard Enchaîné.

«[François Hollande] sait que certains élus de droite, du Pays basque à la Bretagne et de la Corse au Roussillon, sont favorables à cette charte, contrairement à leur parti. À quelques jours des régionales, cet étalage de divisions serait fort bienvenu.»

En juillet dernier, un conseiller ministériel avançait déjà cette hypothèse dans Libération. «La droite est divisée, la gauche plutôt unie, lancer ce débat en pleine campagne n’est pas inintéressant.» Et si l'opposition décide de faire capoter la réforme, elle devra s'en justifier auprès de ses électeurs et de certains de ses élus favorables à une ratification de la charte.

Depuis vingt ans, ce texte déchaîne les passions. En 1999, le Conseil constitutionnel avait jugé le préambule de la charte contraire à la Constitution et aux principes d'indivisibilité de la République et d'unicité du peuple français. La question des langues régionales dépasse les clivages gauche-droite. «À droite, certains souverainistes ne veulent pas en entendre parler. Et à gauche, les héritiers des Jacobins montrent la plus grande méfiance», résumait La Dépêche du Midi.

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