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Une entreprise japonaise affirme qu’elle peut prédire les crimes

Impression écran du logiciel PCA de l'entreprise Hitachi.

Impression écran du logiciel PCA de l'entreprise Hitachi.

Hitachi, géant de la tech japonaise, va proposer un logiciel qui géolocalise les crimes à venir à partir d'un algorithme.

Encore une fois, on pourrait saluer Philip K. Dick et l'intuition futuriste de sa nouvelle Minority Report parue en 1956 et adapatée à l'écran par Steven Spielberg en 2002. Depuis quelques années, des entreprises proposent des logiciels aux forces de l’ordre afin «d’anticiper» de potentiels crimes à partir des bases de données sur les lieux où se sont déroulés de précédents crimes.


Aujourd’hui, Hitachi rentre aussi dans la course et compte bien révolutionner la méthode. Avec un système appelé Hitachi Visualization Predictive Crime Analytics (PCA), l’entreprise japonaise affirme pouvoir indiquer le lieu et l’heure auxquels vont se produire les crimes, rien que ça. Le site Quartz, qui relaie la nouvelle, explique que ce logiciel va puiser «dans les données des réseaux de transport, les conversations sur les réseaux sociaux, les bulletins météo, et plus encore». Les tweets sont particulièrement intéressants selon Hitachi, qui explique au site Fast Company qu’ils augmentent de 15% la précision du PCA grâce aux messages géolocalisés et à l’analyse de mots-clefs utilisés par des membres de gangs par exemple. Un gain de temps extraordinaire pour la police.

Le PCA proposent une zone précise, le pourcentage de risque, et la nature du crime

«Un humain ne peut pas gérer quand il y a des dizaines ou des centaines de variables qui pourraient influer un crime», explique à Fast Company Darrin Lipscomb, l’un des responsables du programme. De plus, les logiciels en place jusque-là se basaient avant tout sur les expériences personnelles et collectives des policiers. À l’inverse, le PCA n’a pas besoin d’intervention humaine dans l’analyse des données. Il s’agit d’une «machine qui apprend elle-même».

Les forces de l’ordre vont-elles finir par arrêter des gens avant que le crime ne se produise?

Et si l’on en croit les rendus proposés par l’entreprise, les résultats sont impressionnants puisque le PCA propose à chaque fois une zone à risque de 200 m2, le pourcentage du risque et la nature de celui-ci: agressions, vols, braquages, agressions sexuelles, etc. Les policiers pourront alors patrouiller dans des zones plus sensibles et risquées à un instant précis.

Un risque pourtant: cibler des innocents

Mais déjà plusieurs questions se posent: à quel point le PCA sera-t-il vraiment efficace? Et il y a-t-il un risque de ciblage injuste de personnes innocentes? À New-York, les policiers peuvent fouiller n’importe quelle personne dans une zone donnée, créant déjà un biais ethnique puisque la grande majorité des gens visés sont des Hispaniques ou des Afro-américains.

Pour l’instant, Hitachi demande à faire ses preuves. Mais, à l’instar de ce qui se passe dans Minorty Report, un autre problème pourrait surgir: les forces de l’ordre vont-elles finir par arrêter des gens avant que le crime ne se produise et donc «encore» innocents? «Une demi-douzaine» de villes américaines, dont Washington D.C., devraient tester ce programme dans les jours qui viennent. Nul doute que les pratiques des policiers seront scrutées à la loupe. 

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