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Trump a ressuscité ce qu'il y a de plus odieux dans la vie politique américaine

Donald Trump en meeting à Keene (New Hampshire), le 30 septembre 2015. REUTERS/Gretchen Ertl.

Donald Trump en meeting à Keene (New Hampshire), le 30 septembre 2015. REUTERS/Gretchen Ertl.

Avec son discours anti-immigrés, il s'inscrit dans une longue tradition américaine d’intolérance, notamment incarnée par George Wallace, le démagogue qui se nourrissait des peurs et des angoisses des années 1960 et 1970.

A Dallas, le 14 septembre dernier, Donald Trump était une rock star. Quand il a violemment critiqué les «illégaux», les 16.000 membres de l’assistance ont poussé des cris de joie. Quand il a promis de construire un mur à la frontière avec le Mexique, ils ont hurlé encore plus fort. Et quand il a conclu son spectacle en déclarant «Vous direz à vos enfants et vous direz à tout le monde que nous faisons partie d’un mouvement pour reprendre possession de notre pays, et que nous allons rendre l’Amérique grande à nouveau», ils l’ont acclamé.  

Comme pour donner tout son sens à la formule «reprendre possession de notre pays», la suite du rassemblement a tourné à la confrontation entre des partisans de Trump et des activistes latinos manifestant en dehors du stade contre le milliardaire et sa rhétorique anti-immigrés. Les latinos rassemblés étaient en colère. Les partisans de Trump, en majorité blancs, étaient agressifs. «Illégaux, rentrez chez-vous!», a crié une femme. «Expulsez les illégaux», a crié une autre.

En dehors de son discours sur sa façon de «faire des affaires» et ses attaques contre les riches donateurs, le sujet principal du message de Trump est l’immigration. Pour lui et ses disciples, les immigrés détournent les ressources, nuisent à l’économie et sont la cause de la criminalité et de la violence. Sur son site, Trump affirme que «le coût de la construction d’un mur frontalier permanent n’est rien en comparaison de ce que les contribuables américains payent chaque année pour faire face aux retombées de l’immigration sur leurs communautés, leurs écoles et leurs bureaux d’aide aux chômeurs». Dans sa rhétorique, il est encore plus direct: «Ils doivent partir!» Et les Républicains sont d’accord avec lui: 70% d’entre eux considèrent que Trump a raison lorsqu’il accuse les sans papiers d’apporter aux Etats-Unis «les drogues» et «la criminalité».

Les attitudes négatives à l’encontre des immigrés traversent l’ensemble de la société américaine. Selon un sondage effectué en 2012, par exemple, 48% des jeunes noirs américains pensent que «l’immigration illégale» nuit aux emplois américains. Mais la rhétorique de Trump est plus restrictive que cela. C’est un message pour les Américains blancs et, plus spécifiquement, ceux qui sont en décalage avec la vie politique classique. Ce sont des gens ordinaires, des ouvriers, des employés des classes moyennes, des retraités qui ont l’impression que l’Amérique disparaît et est remplacée par quelque chose qu’ils ne comprennent pas. Ils ne se contentent pas de ne pas faire confiance au gouvernement, ils pensent que celui-ci donne des aides à des gens qui ne travaillent pas plutôt qu’à ceux qui méritent assistance. «J’en ai simplement marre de payer l’addition pour des gens qui ne veulent pas s’intégrer», explique Chris Cooper, un des partisans de Trump à Dallas. Ils vivent dans une Amérique qui change vite, et ils ne savent pas où est leur place.

Trump ne fait pas qu’exciter et divertir, il parle aux peurs et aux angoisses des gens. Avec son style sans tabous et sa personnalité confiante et agressive, il construit un lien avec des gens qui veulent voir de la fermeté et, par dessus tout, quelqu’un qui se soucie d’eux. «J’aime le fait qu’il parle dans la langue de tout le monde. Il n’essaye pas d’être politiquement correct, il nous parle comme nous parlons entre nous ici, ou comme on parle avec ses amis», explique George Lanier, un autre partisan de Trump à Dallas.

C’est pour cela que ses gaffes ne lui nuisent pas, et c’est pourquoi certains de ses partisans se sentent à l’aise pour exprimer leurs préjugés. «Il y a un problème dans ce pays. Ce problème s’appelle les musulmans», avait affirmé un anonyme lors d’un rassemblement autour de Trump à la mairie de Rochester, dans le New Hampshire. «Vous savez que le président actuel en est un. Vous savez qu’il n’est même pas américain.»

Un alarmiste américain à l'ancienne

Trump n’est pas qu’un symbole de la frustration des électeurs ou de l’indignation face à un système sans réponses, qui serait le contrepoint à droite du sénateur Bernie Sanders à gauche. Non, depuis ses attaques sur la citoyenneté américaine de Barack Obama en 2011 jusqu’à sa rhétorique contre les immigrés latinos et les Américains musulmans aujourd’hui, il est un avatar d’une des tendances les plus détestables de la vie politique américaine. Et bien qu’il soit tentant de ne traiter cela que comme de la simple ignorance, la vérité est que Trump vient d’une longue tradition américaine d’intolérance, celle des know-nothing du XIXe siècle qui enrageaient contre l’afflux d’immigrés irlandais et catholiques, des milices de l’époque qui a suivi la Guerre de Sécession et des «rédempteurs» qui terrorisaient les électeurs noirs comme blancs et avaient renversé les gouverneurs élus dans le Sud de l’après-guerre.

Ces courants autoritaires sont toujours plus forts en période de difficultés économiques, de changements sociaux importants, et plus encore lorsque les deux adviennent en même temps. L’Amérique des années 1920, marquée par des inégalités incroyables et par un nouvel afflux d’immigrés véritablement «étrangers», avait produit un mouvement proto-fasciste massif de blancs marginalisés sous la forme d’un nouveau Ku Klux Klan qui prétendait, à son apogée en 1924, compter 2 millions de membres dont un sénateur.

Trump n’est pas le héraut d’une nouvelle communauté nativiste mais sa xénophobie, son racisme, son nationalisme et son mépris évident pour la coopération démocratique en font une figure fascistoïde. Au delà de cela, il est un alarmiste américain à l’ancienne qui puise dans les angoisses récurrentes des Américains blancs. Et bien que Trump a emprunté sa rhétorique sur la «majorité silencieuse» à Richard Nixon, l’homme auquel il ressemble le plus était le ça de son époque, un démagogue qui se nourrissait des peurs et des angoisses des années 1960 et 1970: George Wallace.

George C. Wallace (via Wikimedia Commons).

Wallace n’était pas un homme d’affaires ou un millionaire. Il n’était pas né riche et n’avait pas de liens avec les élites américaines. Sa jeunesse avait été marquée par son absence de fortune ou de pouvoir. Son ascension dans la vie politique de l’Alabama ne venait pas d’un quelconque privilège mais de son envie, de son talent et de son travail. Il avait réussi à se faire bien voir pour escalader les échelons de la politique locale et était parvenu finalement, en opportuniste accompli, à manoeuvrer pour se hisser au poste de gouverneur, d’où il souhaitait arrêter «la marche du gouvernement centralisateur qui allait détruire les droits et la liberté des habitants de ce pays».

La biographie de Trump n'évoque pas celle de Wallace; leur similitude tient au style et à l’approche. Wallace était un politicien pour les gens qui se sentent impuissants, que cela corresponde ou non à une réalité. Tout d’abord en tant que militant pour la ségrégation face aux victoires du mouvement des droits civiques et plus tard en tant que voix «de la loi et de l’ordre» face au spectre de la criminalité et du désordre, il a exploité la peur et la colère de millions d’Américains avec une promesse de leur faire reprendre leur pays. Dans un discours de sa campagne présidentielle de 1968, Wallace avait déclaré: «Je veux dire que l’une des premières choses que nous ferons lorsque nous arriverons à la Maison Blanche, et nous le ferons légalement, sera de vous redonner les institutions locales.»

Phénomène personnalisé

De la même façon, il s’était emparé de leur ressentiment. «C’est un triste jour dans l’histoire d’un pays lorsque l’on ne peut plus parler de la loi et de l’ordre sans que l’on veuille vous traiter de raciste», avait-il déclaré lors d’un autre discours de campagne, se saisissant de la colère de ce qu’il décrivait comme la «grande majorité».

«Ils nous arnaquent. On reconstruit la Chine. On reconstruit beaucoup de pays.» On entend ainsi dans la rhétorique de Trump contre les immigrés et l’aide aux pays étrangers des échos de Wallace. «Les responsables du Parti démocrate et du Parti républicain ont accordé plus d’attention à l’exotique et à ceux qui faisaient le plus de bruit, ils ont donné l’argent [du citoyen moyen] à l’aide aux pays étrangers, ils l’ont donné aux profiteurs qui touchent les allocs», déclarait Wallace en 1972 à Meet the Press.

Illustration de Lisa Larson-Walker, d'après la couverture d'un recueil de discours de George Wallace et une photo REUTERS/Nancy Wiechec.

Les partisans de Wallace ne constituaient pas un mouvement social. «Bien qu’ils aient été un bloc d’électeurs important, ils n’étaient finalement qu’un collectif vague attiré par Wallace et par les sentiments qu’il exprimait, c’était un fan-club plus qu’autre chose», écrit la sociologue Jody Carlson dans George C. Wallace and the Politics of Powerlessness. «Wallace, continue-t-elle, était un phénomène personnalisé.» Les thèmes sont différents (intégration plutôt qu’immigration), mais les parallèles avec Trump sont évidents.

Comme Wallace, Trump n’est pas idéologique. Ses vues (il est pour les taxes sur les riches et contre les coupes budgétaires en matière d’aides sociales) vont à l’encontre des dogmes conservateurs. Ses partisans non plus ne sont pas idéologiques. Leurs préoccupations sont plus concrètes. Trump leur parle («Beaucoup de gens n’arrivent pas à trouver d’emploi. Ils n’en trouvent pas, parce qu’il n’y en a pas») et leur donne un bouc-émissaire («parce que la Chine et le Mexique ont nos emplois») Ils sont là pour lui et personne d’autre. Comme le disait un ouvrier métallurgiste en 1968: «Il n’y a pas besoin de se préoccuper de sa place en politique. Il dit les choses comme elles sont.»

«Les partisans de Wallace se distinguent des autres par leur sympathie pour l’autoritarisme, leur sentiment d’impuissance et leurs préjugés raciaux», écrit Carlson. Ces mots semblent également être une description appropriée du phénomène Trump. La politique de protestation de Wallace «était essentiellement discursive et non destinée à évoluer de façon productive vers le transfert de plus de pouvoir au peuple, mais plutôt à le faire se sentir encore plus impuissant». En effet, continue Carlson, Wallace se complaisait dans «l’agitation, l’excitation et la discorde. Ce qui l’intéresse, c’est d’exploiter les problèmes, pas de les résoudre».

Comme Trump, George Wallace attirait ses adeptes d’une façon primitive, presque viscérale. «Il était l’orateur mimétique parfait, sondant les peurs et les passions les plus profondes de son public et articulant ces émotions dans un language et dans un style qu’il pouvait comprendre», écrit l’historien Dan T. Carter dans son livre The Politics of Rage: George Wallace, the Origins of the New Conservatism and the Transformation of American Politics. «Sur le papier, ses discours étaient étonnamment déconnectés, parfois incohérents et toujours répétitifs. Mais les disciples de Wallace se repaissaient de ses performances. Ils ne se lassaient jamais d’entendre les mêmes slogans encore et encore.» De la même façon, les partisans de Trump n’ont pas besoin de nouveauté. «Il était phénoménal, c’est la même chose partout où il va», disait un partisan à son rassemblement de Dallas.

Jamais vainqueur, mais pas marginal

George Wallace lors d'une tentative de blocage de la déségrégation à l'université d'Alabama, en 1963 (via Wikimédia Commons).

Wallace n’a jamais gagné une élection nationale. Sa part d’Amérique marginalisée n’était pas assez grande pour l’emporter dans une compétition plus vaste. Mais il n’était pas marginal. Lors de l’élection présidentielle de 1968, candidat en tant qu’indépendant, il avait réuni 13,5% des votes, remporté cinq Etats (tous dans le Sud) et gagné les votes de 46 grands électeurs. Et lors de la primaire démocrate de 1972 dans laquelle il était, comme Trump cette année, un «outsider» revendiqué, il avait réuni 23,5% des votes (soit 3,7 millions de bulletins) et 382 délégués, le plaçant troisième de l’élection.

Au-delà de ses campagnes, Wallace a dessiné les contours de la vie politique américaine. Il était un maître de la télévision, le média en expansion de l’époque. En une phrase qui pourrait facilement décrire la relation de Trump avec les réseaux sociaux, Carter écrit: «Sur l’écran de télévision vacillant et lors de dizaines d’apparitions publiques, il a offert une chance de contre-attaquer l’ennemi, quoiqu’uniquement de façon rhétorique, à ces millions de personnes qui manquaient de confiance et avaient peur.»

Plus important encore, Wallace a contribué a générer les forces plus tard utilisées par Richard Nixon pour construire une coalition républicaine dans un contexte de discorde nationale et de fracture du Parti démocrate. Nixon n’a pas encouragé le racisme explicite de Wallace et ses partisans mais il en a gardé le biais racial placé sur le crime et la criminalité, en reliant les droits civiques et le désordre urbain. Au cours d’un entretien conduit en 1966, il déclarait:

«Le dégradation constatée dans le respect de la loi et de l’ordre peut être retracée directement à partir de l’expansion de la doctrine destructrice selon laquelle chaque citoyen possède un droit inhérent à décider à quelles lois il doit obéir et quand il peut leur désobéir.»

Lors de sa campagne de 1968, Nixon s’est positionné face aux plans fédéraux de déségrégation considérés comme des politiques de «liberté de choix» inefficaces et a pris le parti délicat de tenter de s’en remettre aux peurs des blancs sans paraître extrême. Conscient de la menace que Wallace faisait peser sur ses plans présidentiels, il a ramené ses électeurs de son côté. «Ne rentrez pas dans leur jeu. Ne votez pas pour la division», demandait Nixon dans une publicité diffusée avant l’élection. «Votez pour la seule équipe qui peut fournir la nouvelle direction dont l’Amérique a besoin, l’équipe Nixon-Agnew. Et je vous fais la promesse que nous restaurerons la loi et l’ordre dans ce pays.» Nixon avait adopté le ragoût d’impuissance et de ressentiment concocté par Wallace et l’avait resservi à la sauce de l’opinion majoritaire, expurgé de son racisme non dissimulé.

Ce qui nous ramène à Donald Trump. L’hypothèse de tout le monde, notamment la mienne, est que Trump disparaîtra avant que les primaires ne commencent. C’est une option convaincante. La popularité de Trump tient à sa nouveauté plus qu’à autre chose. Il joue avec les caméras, conscient que la vie politique aime ses bêtes de foire. Mais si les médias s’en vont, si Trump n’est plus capable de titiller l’audimat, son attrait disparaîtra aussi et il quittera la course à la présidence comme tous les autres candidats indépendants.

Illustration de Lisa Larson-Walker, d'après un poster de campagne de George Wallace et une photo REUTERS/Nancy Wiechec.

L’analogie avec Wallace suggère pourtant une autre voie. Et si Trump était plus qu’un simple clown? Et si Trump avait ouvert un espace pour des politiques nativistes autoritaires? Il ne serait alors pas difficile d’imaginer que Trump, s’appuyant sur sa propre fortune, continue d’assurer le spectacle dans l’Iowa, le New Hampshire et au-delà. Et bien que le système politique américain soit assez fracturé pour l’empêcher de prétendre à la victoire finale, cela ne veut pas dire qu’il n’y jouerait aucun rôle.

Pour les Républicains, comme pour le Parti démocrate dans les années 1960, un Trump rencontrant le succès les forcerait à composer avec lui. Soit les Républicains le chassent du parti, s’exposant au risque de perdre dans une course à trois, soit ils suivent l’exemple de Nixon et récupèrent la base de son message pour l’usage du parti, réduisant assez sa base pour s’assurer de gagner s’il poursuit une campagne indépendante. Dans ce cas-là, en imprimant sur le Parti républicain la marque du nationalisme blanc, Trump sort gagnant quelque soit son sort final.

Dans tous les cas, on ne peut pas simplement disqualifier Trump en tant que simple divertissement. Comme Wallace, il est une émanation des forces les plus odieuses de la vie américaine, parfois autoritaire, comme le populiste de Louisiane Huey Long, ou même complètement fasciste, comme le second Ku Klux Klan. Et comme les susnommés, il a porté les préjugés de la société américaine au devant de la vie politique et ouvert la porte à des rhétoriques et actions encore plus néfastes.

Un très mauvais timing

La seule bonne nouvelle au sujet de Trump, c’est qu’il souffre d’un très mauvais timing. Les Etats-Unis ont des problèmes profonds et de grande envergure mais ne sont pas embourbés dans la crise. Politico note que «les entreprises américaines ont créé 13 millions d’emplois au cours de 66 mois de croissance successifs de l’emploi, le taux de chômage chutant de 10% à moins de 3% sous Obama, tandis que le taux de non-assurés est passé de 15,4% à 9,2% avec Obamacare». La criminalité est toujours sur la pente descendante, les soldats américains ne sont plus impliqués dans des guerres de grande envergure et le gouvernement n’est pas pris dans un scandale, en tout cas pas de l’ampleur d’un impeachment, de l’affaire Iran-Contra ou du Watergate. Une minorité bruyante se sent impuissante et insatisfaite, mais pas la plupart des Américains. Ils souhaitent une autre direction, pas un un autre système.

Ce n’est qu’un coup de chance. Qu’en serait-il si les Etats-Unis étaient en 2008, à la fin d’une guerre désastreuse et au bord de la dépression? Et si la reprise économique n’était jamais venue, et si, comme beaucoup d’autres pays de l’autre côté de l’Atlantique, ils avaient répondu à la récession par l’austérité? Et si la peur et la grogne de ces années avait tourné à la colère et aux troubles?

Dans un tel environnement, un Trump, ou un personnage à la Trump, quelqu’un de plus organisé, de plus compétent et plus en phase avec la structure de la politique américaine, pourrait réussir, en dépit des blagues et des moqueries. Les Américains aiment à penser qu’au contraire de l’Europe, ils peuvent éviter les démagogues et les autocrates dans leur vie politique nationale. Jusqu’alors, cela a été vrai. Mais ne nous y trompons pas, si les conditions s’y prêtent, le contraire pourrait arriver.

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