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La reprise de Kunduz par les talibans souligne les failles de la stratégie américaine

Des soldats de l'armée afghane défendant Kunduz en avril dernier avec l'aide de raids américains (REUTERS/Stringer).

Des soldats de l'armée afghane défendant Kunduz en avril dernier avec l'aide de raids américains (REUTERS/Stringer).

Des experts craignent qu'un désengagement trop rapide des troupes américaines ne mène à une situation similaire à l'Irak.

L'armée afghane, assistée par des frappes aériennes de l'armée américaine, vient de lancer une contre-offensive pour reprendre la ville de Kunduz, qui a été envahie par les talibans le 28 septembre. Cette victoire était la première percée des fondamentalistes dans une grande ville depuis la chute du régime en 2001. Les insurgés y ont libéré des centaines de prisonniers, et incendié des bâtiments de l'ONU. Située au nord près de la frontière avec le Tadjikistan, Kunduz est une ville particulièrement stratégique.

Alors que le président Barack Obama avait promis une autre série de réductions des forces américaines sur le sol afghan, cette avancée des talibans remet en question le bien-fondée de cette promesse de campagne, rapporte Foreign Policy.

Un vide sécuritaire

Il reste environ dix mille soldats américains en Afghanistan, dont beaucoup s'occupent de former et de conseiller les forces afghanes, et la Maison Blanche ne sait pas encore si ils resteront un an de plus ou s'ils seront rappatriés.

Des militants extrémistes liés à l'État islamique sont désormais actifs en Afghanistan

Selon certains critiques, la situation sur le sol commence à se rapprocher du cas irakien, où le retrait des troupes mis en oeuvre par Obama a créé un vide sécuritaire qui a permis à l'État islamique de s'implanter. Une situation d'autant plus préoccupante que des militants extrémistes liés à l'État islamique sont désormais actifs en Afghanistan.

Adapter la présence des troupes au terrain

Pour le sénateur John McCain, qui est à la tête du comité sur les forces armées, la défaite de Kunduz est le résultat d'un retrait trop rapide des troupes qui «pourrait mener à une issue tragique, comme en Irak après 2011». 

«Il est temps que le président Obama abandonne sa stratégie dangeureuse et arbitraire et adopte un plan de présence des troupes américaines basé les conditions sur le terrain», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le gouvernement américain a donné des milliards de dollars pour former et armer les troupes irakiennes et afghanes, mais contrairement à ce que dit McCain, des officiels du Pentagone rejettent le parallèle entre les deux situations, en arguant que l'armée afghane a fait preuve d'une volonté et d'un sens d'identité nationale qui fait défaut aux troupes irakiennes.

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